Abus sexuels: 307 dossiers via les points de contact


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Abus sexuels: 307 dossiers via les points de contact
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Un an après la mise en place de ses 10 points de contact, l'Eglise fait un premier bilan, en toute transparence. 307 victimes ont choisi cette voie pour signaler les abus qu'elles ont subis dans le cadre d'une relation pastorale.

Parallèlement à la mise en place du Centre d'arbitrage, les diocèses et les congrégations religieuses de Belgique avaient créé 10 point de contacts (un par diocèse + 2 pour les congrégations et ordres religieux) pour accueillir au mieux les victimes d'abus sexuel commis dans une relation pastorale, mais aussi des personnes qui auraient connaissance ou un doute raisonnable à propos de tel fait. Opérationnels depuis le 1er janvier 2012, ces points de contact se sont voulus les plus accessibles possibles tout en préservant la confidentialité et la sécurité des dossiers qu'ils ont eu à traiter.
Après un an de fonctionnement, et même si près d'un tiers des dossiers enregistrés n'ont pas été entièrement traitées, les évêques et les supérieurs majeurs ont communiqué leur premier rapport concernant l'activité de ces points.
Il en ressort que 307 dossiers ont été reçus par ces points de contact et que parmi eux 46 ont été renvoyés à l'arbitrage. Sachant que le centre d'arbitrage a reçu 621 plaintes, le nombre total des vicitimes qui se sont manifestées est donc de 872.

Des statistiques semblables au Centre d'arbitrage

Les chiffres données par ces points de contact corroborent, à quelques points près, les statistiques du Centre d'arbitrage, à savoir des plaintes émanant essentiellement de la région néerlandophone (à 76%) et des victimes principalement masculines (à 76%) et âgées de plus de 40 ans (à 83%). Et ce sont en très grande majorité les vicitimes qui ont effectué elles-mêmes les démarches. Elles étaient quasiment toutes mineures lorsque les faits se sont produits. Faits qui remontent à plus de 30 ans dans 84% des cas et qu'il est dès lors difficile de reconstituer. Néanmoins, les responsables de ces points de contact sont partis du point de vue qu'il n'y avait pas vraiment lieu de mettre en doute la crédibilité des victimes. Reste qu'il y a quand même eu quelques cas d'affabulateurs dont les récits incohérents ont fait naître des soupçons.
97% des abuseurs étaient des hommes: des prêtres (48%), des religieux (31%) ou des frères (11%). Et les faits se sont le plus souvent produits à l'école (45%) ou en paroisse (24%).
Quasiment la moitié de ces faits constituent des attentats à la pudeur avec violence ou menace (catégorie 2). Mais ces points de contacts ont aussi enregistré 13 cas de viol exceptionnellement graves alors que le centre d'arbitrage n'a pas encore eu à connaître de tels dossiers classés en catégorie 4.

Les demandes des victimes

Que demandent ces victimes qui se sont adressées aux points de contact ? Les trois attentes les plus fréquentes (et qui ne sont évidemment pas exclusives les unes des autres) sont la conciliation avec le responsable de l'instance à laquelle l'abuseur décédé appartenait au moment des faits, la rencontre avec le responsable de l'abuseur et la reconnaissance de l'état de victime sous forme d'un simple entretien. Peu de plaignants (seulement 3) ont souhaité rencontrer leur abuseur. Il est vrai que dans 82% des cas, celui-ci était soit déjà mort, soit très âgé ou bien encore les faits étaient difficiles à vérifier.

26 dossiers envoyés à la Justice

Dans 40% des dossiers, une compensation financière a été reconnue à la victime. Ce n'est pas l'aspect principal de la guérison mais cela fait partie d'un ensemble d'éléments qui contribuent à la reconnaissance de l'état de victime. Pour la plupart des 90 dossiers qui ont donné lieu à cette indemnité, la fourchette se situe entre 2.500 et 10.000 euros. Mais neuf cas ont entraîné une réparation entre 20.000 et 25.000 euros. C'est la fondation Dignity qui paye ces montants, à charge pour elle de récupérer les sommes auprès des diocèses ou des congrégations religieuses.
A noter également que 26 dossiers ont été communiqués à la Justice, les faits n'étant pas prescrits.

Points de contact toujours en service

A la différence du Centre d'arbitrage qui ne reçoit plus de requêtes depuis le 31 octobre dernier, les points de contact mis en place par l'Eglise sont toujours maintenus et "seront maintenus tant qu'il y aura des victimes qui se manifesteront", a explique Mgr Harpigny, évêque référent sur ce dossier. Par ailleurs, l'Eglise a aussi établi une Commission interdiocésaine pour la protection des enfants et des jeunes qui travaille actuellement à l'élaboration d'un code de conduite pour un comportement responsable auprès des enfants et des jeunes et de diverses brochures informatives destinées aux enfants et à leurs parents pour les aider à détecter les premiers signes de comportement transgressif. Ces documents devraient être bientôt prêts et au plus tard avant la fin de l'année.

Pierre GRANIER

Lire le rapport complet

 


AL


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