Mémoire de la Shoah, Paul Halter est décédé


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Mémoire de la Shoah, Paul Halter est décédé
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Le résistant, déporté juif et président de la Fondation Auschwitz Paul Halter est décédé à l'âge de 92 ans, ce samedi 30 mars à Molenbeek. Il était l’un des derniers rescapés d’Auschwitz.

Dans la communauté juive de Belgique comme dans le monde des résistants, le nom de Paul Halter avait pris une place très importante dans le travail de la mémoire de la Seconde Guerre et particulièrement de la Shoah. Paul Halter était d’autant plus opposé aux “chapelles” et aux guéguerres internes qu’il représentait les prisonniers “raciaux” au sein du Groupe Mémoire où il rencontrait, dans un grand respect réciproque, les prisonniers politiques.

Cousin de l’écrivain Marek Halter, Paul Halter a vécu dans un environnement familial qui l’a conduit naturellement au militantisme politique de gauche. En effet, son grand-père Abraham était typographe d’un journal du Bund et son père Joseph, horloger de métier, partageait ces idées révolutionnaires.

Né en 1920 à Genève, Paul Halter s’installa un an plus tard avec les siens à Bruxelles. Alors que son frère Sam, était à la Jeune garde socialiste, il entrait aux Faucons rouges. « Selon lui, c’est l’atmosphère de solidarité militante du scoutisme socialiste qui l’amena à la Résistance. Ainsi, les enfants Halter n’acceptèrent jamais les ukases de l’occupant, refusant de porter l’étoile jaune », écrit Christian Laporte dans La Libre.

Paul Halter fut un des premiers Partisans armés de Bruxelles. Arrêté le 16 juin 1943 par la Gestapo, portant sur lui la paie mensuelle de ses partisans, des fausses cartes d’identité et des cartes d’alimentation, il tenta de couvrir ses hommes en se présentant comme un trafiquant en faux papiers. Détenu à Saint-Gilles, il fut déporté à Auschwitz.

Message aux jeunes

Paul Halter se retrouva dans les mines de charbon du camp de travail de Fürstengrube et ne dut son salut qu’à ses talents de réparateur de montres. La chance resta avec lui : début 1945, il échappa de peu à la Marche de la Mort et au massacre des prisonniers restés sur place. La rage de vivre l’emporta : rentré à Bruxelles, il épousait Paule, assistante sociale à la Solidarité juive, qui fut l’amour de sa vie jusqu’à aujourd’hui, l’amenant à résister à la maladie, ces derniers mois.

Mais la mémoire s’estompa… Face au retour des périls et pour combattre le négationnisme, Paul Halter eut l’idée avec quelques survivants d’amener de jeunes Belges à Auschwitz. Le début d’une longue série de visites. Soucieux de la nécessité de perpétuer ce travail de la mémoire des crimes et génocides nazis, il créa la Fondation Auschwitz. Fait Baron par le Roi, Paul Halter assuma la présidence de la fondation avec détermination tout en s’occupant du pavillon belge d’Auschwitz.

En mai 2012, il était encore retourné sur place avec le Train des mille. Il avait alors lancé un message fort aux jeunes : “Cela fait 67 ans que je suis un rescapé de cet enfer et je n’arrive toujours pas à comprendre comment cela a été possible. A vous, jeunes, je vous passe le relais pour que cela ne se reproduise plus jamais”.

JJD

Catégorie : L'actu

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