L’Europe trop laxiste à l’égard des discriminations contre les Roms


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L’Europe trop laxiste à l’égard des discriminations contre les Roms
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

L'Union européenne (UE) doit faire plus pour mettre fin aux discriminations contre les Roms, estime Amnesty International à l'approche de la Journée internationale des Roms, qui aura lieu le 8 avril 2013. A Lyon, une cinquantaine d'entre eux ont dormi devant le tribunal administratif en vue de leur relogement. Un prêtre les a accompagnés dans leur démarche.

"L'UE doit sanctionner les gouvernements qui s'abstiennent de lutter contre les discriminations et les violences visant les Roms", a indiqué le 4 avril 2013 John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International. "Ces pratiques sont contraires à la législation de l'UE et aux principes de liberté, de démocratie et de respect des droits humains sur lesquels elle se fonde."
Les quelque six millions de Roms vivant dans les pays de l'UE sont bien en-dessous de la moyenne nationale en ce qui concerne presque tous les indicateurs de développement humain. Huit Roms sur dix risquent ainsi de connaître la pauvreté, et seul un jeune adulte rom sur sept a terminé ses études secondaires. Les expulsions forcées de Roms continuent à constituer la norme plutôt que l'exception dans un certain nombre de pays européens comme la Roumanie, l'Italie et la France. Ils connaissent la ségrégation à l'école en République tchèque, en Grèce et en Slovaquie. Tout cela est contraire aux lois nationales et communautaires interdisant la discrimination raciale, souligne Amnesty.

Une centaine d'attaques violentes

Plus de 120 graves attaques violentes visant des Roms et leurs biens ont eu lieu en Hongrie, en République tchèque, en Slovaquie et en Bulgarie entre janvier 2008 et juillet 2012 - coups de feu, coups de couteau et incendies criminels, entre autres, ont été signalés. Les autorités étatiques, la police notamment, ont dans de nombreux cas manqué à leur devoir consistant à prévenir ces attaques ou à mener des enquêtes approfondies sur celles-ci.
En 2000, l'UE a adopté la Directive sur l'égalité raciale qui interdit les discriminations se fondant sur la race ou l'appartenance ethnique dans le monde du travail, à l'école, et dans le cadre de l'accès aux biens et services, au logement et aux soins de santé. La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, entrée en vigueur en 2009, interdit également la discrimination et consacre les droits à l'éducation, à l'aide sociale et au logement, ainsi qu'au travail.
En sa qualité d'organe exécutif de l'UE, la Commission européenne est habilitée à agir contre les États membres de l'UE lorsqu'ils n'observent pas les lois communautaires et la Charte. Elle n'a cependant jamais sévi contre les politiques et pratiques introduisant des discriminations à l'égard des Roms ou d'autres minorités ethniques, déplore Amnesty International.

Un prêtre solidaire

Par ailleurs, à Lyon, un prêtre (écouter son témoignage) qui avait accueilli en urgence une cinquantaine de Roms dans une salle paroissiale après une expulsion a passé la nuit de mercredi à jeudi avec eux devant le tribunal administratif de Lyon, dans l’attente d’une décision sur leur relogement.
Des militants du Secours catholique et de l’association Enfant sans toit ont également passé la nuit là, venus en «signe d’amitié», comme le prêtre, en «contact régulier» sur ce dossier avec l’archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin, qui s’était rendu dans sa paroisse quelques jours plus tôt pour rencontrer ces familles roms.
Sur la cinquantaine de personnes présentes, la moitié sont des enfants (dont une vingtaine entre un et six ans). Une femme enceinte de huit mois a également dormi dans le froid devant le tribunal.

P.G. (avec Apic)

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