L’encyclique « Pacem in Terris » a 50 ans…


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L’encyclique « Pacem in Terris » a 50 ans…
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Publiée le 11 avril 1963, en plein contexte de guerre froide, l'encyclique de Jean XXIII "Pacem in Terris" reste aujourd'hui encore un texte fondamental de réflexion sur les conditions de la paix entre les hommes.

Quelques semaines avant de mourir, celui que l'on surnommait "le bon pape Jean" adressa non plus aux seuls catholiques, comme c'était l'habitude jusque-là, mais à "tous les hommes de bonne volonté", un texte qui allait marquer le XXe siècle. En effet, dans l'encyclique "Pacem in Terris", Jean XXIII ne se contente pas d'un appel de principe à éviter tout conflit, il pose les principes d'une paix durable entre les peuples.

Appel au service du bien commun, dénonciation de la course à l'armement, insistance sur l'importance des droits de l'homme, refus de tout racisme, affirmation des droits des réfugiés, nécessité de voir le progrès social accompagner le progrès économique: tous ces thèmes trouvent leur place dans ce texte, qui, moins de deux décennies après la Seconde Guerre mondiale et en plein contexte de guerre froide (la crise des missiles de Cuba a eu lieu quelques mois auparavant, en octobre 1962), ne pouvait évidemment que marquer les esprits.

Rarement, d'ailleurs, une encyclique n'a été accueillie avec autant d'enthousiasme et de respect au moment de sa sortie. Même la presse communiste de l'époque en a diffusé de larges extraits, notamment ceux qui concernent la course aux armements, l'importance du rôle jouée par la classe ouvrière, l'affirmation du principe de l'égalité des peuples.

Un texte toujours actuel

Cinquante ans plus tard, il nous est sans doute difficile de percevoir l'incroyable nouveauté de ce texte, mais ce qui est sûr, c'est que, depuis sa publication, les liens entre la paix, le respect de droits de l'homme et les devoirs qui en résultent sont devenus une des composantes essentielles de la doctrine de l'Église concernant la vie en société et la relation entre les peuples. Benoît XVI le disait d'ailleurs encore l'an dernier: cette encyclique "a encore beaucoup à nous apprendre dans la mesure où nous faisons face à de nouveaux défis en ce qui concerne la paix et la justice dans l’après Guerre Froide, parmi lesquels la prolifération permanente des armes".

Quelques extraits significatifs

- "La paix ne saurait régner entre les hommes si elle ne règne d’abord en chacun de nous, c’est-à-dire si chacun n’observe en lui-même l’ordre voulu par Dieu."

- "Tout homme a droit à la liberté de mouvement et de séjour à l'intérieur de la communauté politique dont il est citoyen ; il a aussi le droit, moyennant des motifs valables, de se rendre à l'étranger et de s'y fixer. Jamais l'appartenance à telle ou telle communauté politique ne saurait empêcher qui que ce soit d'être, comme membre de la famille humaine, citoyen de cette communauté universelle où tous les hommes sont rassemblés par des liens communs."

- "Tout être humain est une personne, intelligente et libre. Par là même, il est sujet de droits et de devoirs, universels, inviolables, inaliénables. Ces droits et ces devoirs sont réciproques. Dans la vie de société, tout droit conféré à une personne par la nature crée chez les autres le devoir de reconnaître et de respecter ce droit. Ensuite, chacun est appelé à concourir généreusement à l’avènement d’un ordre collectif qui satisfasse toujours plus largement aux droits et aux obligations."

- "L’aide apportée aux peuples pauvres ne peut s’accompagner d’aucun empiètement sur leur indépendance. Ils doivent se sentir les principaux artisans et les premiers responsables de leur progrès économique et social."

Pascal ANDRE


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