Même si le projet de loi sur le "mariage pour tous" a été adopté, les opposants ne rendent pas les armes. Un recours devant le Conseil constitutionnel a été déposé et deux nouvelles grandes manifestations sont prévues en mai.
Le "mariage pour tous" a été définitivement adopté mardi 23 avril par les députés (331 voix pour, 225 contre et 10 abstentions) après environ 137 heures de discussion parlementaire mais surtout plusieurs mois de débats passionnés au sein de la société française. Les premiers mariages homosexuels pourraient être célébrés en juin, selon la ministre de la justice Christiane Taubira. Le Conseil constitutionnel a cependant été saisi par l’opposition et il faudra donc encore attendre (de 8 jours à un mois) pour que le président de la République puisse promulguer la loi qui ouvre donc le droit au mariage et à l’adoption aux couples de même sexe.
Pour autant, la fièvre qui s'est emparée de la France lors de la discussion de cette loi au Parlement n'est pas complètement tombée. Hier soir encore, des milliers de manifestants s'étaient réunis à Paris, aux alentours de l'Assemblée nationale, à l'appel du collectif "La manif pour tous". Mais tous n'ont pas quitté calmement les lieux comme les y invitaient les organisateurs, sur l'air du "ce n'est qu'un au revoir…". Des dizaines de manifestants sont restés pour provoquer les forces de l'ordre avec des mots d'oiseaux mais aussi à coup de pavés et de fumigènes...
Veille
Ce dérapage supplémentaire n'est cependant pas représentatif de la mobilisation pacifique contre cette réforme qui était l’engagement n° 31 du programme électoral de François Hollande. Une mobilistation populaire, qui s’est notamment développé dans les réseaux catholiques, que le gouvernement n'avait sans doute pas envisagée aussi forte. Ce sont en effet des centaines de milliers de personnes qui sont descendues dans la rue, depuis novembre. Et ce n'est pas fini ! Le collectif "La manif pour tous" a décidé de "ne rien lâcher". Ses membres continuent de réclamer un référendum sur la question et appellent à de nouvelles mobilisations. Le 5 mai, sont ainsi prévues de grandes manifestations régionales (sous forme de sit-in à Paris) tandis que d'autres initiatives voient le jour, comme le mouvement des Veilleurs: des veillées pacifiques, à la lumière de quelques bougies, avec des lectures et des chants de méditations, ont eu ainsi eu lieu dans plus de 50 villes de France comme à Lille (photo). Enfin un nouveau grand rassemblement national est fixé au 26 mai prochain pour défendre la famille.
PMA et GPA dans le collimateur
Car si les opposants au "mariage pour tous" ont perdu une bataille, ils craignent désormais que cette réforme ouvre désormais le droit aux couples homosexuels d'avoir recours à la procréation médicale assistée (PMA) ou à la gestation pour autrui (GPA), mieux connue sous le nom mère-porteuse, qui est interdite en France. Sur cette question, le Comité consultatif national d'éthique s'est déjà autosaisi mais ne devrait pas rendre ses conclusions avant octobre. Le président Hollande a dit qu'il respecterait l'avis de ce dernier.
P.G.
