Peter Annegarn, le président du Conseil interdiocésain des laïcs (CIL), a eu les larmes aux yeux en découvrant celui qui a été choisi par les cardinaux électeurs pour succéder à Benoît XVI. Sa simplicité, ses premiers mots, le choix de son prénom, son souci des plus pauvres… Tout cela lui donne beaucoup d'espoir.
Peter Annegarn, le président du Conseil interdiocésain des laïcs (CIL), a suivi en direct l'élection du nouveau pape. "C'est mon fils qui m'a prévenu que la fumée était blanche", raconte-t-il. "Ma première réaction a été de me dire: 'Zut ! Si ça a été si vite, c'est qu'ils ont choisi quelqu'un qui est dans la ligne du parti.' J'étais donc un peu inquiet. Puis, j'ai entendu son nom et j'ai cru que les cardinaux avaient choisi un Italien. A ce moment-là, j'étais déçu, car j'espérais qu'ils éliraient un Latino-américain. Mes inquiétudes ont commencé à se dissiper quand j'ai compris qu'il s'agissait de l'archevêque de Buenos Aires. Je me suis effectivement souvenu que celui-ci avait quitté son palais épiscopal pour aller vivre dans un appartement. A ce souvenir, les larmes me sont montées aux yeux."
Quand le nouveau pape est venu à la loggia, le président du CIL a été impressionné. "Il ne faisait pratiquement aucun geste; il semblait tétanisé. Et puis, quand il a pris la parole, on l'a senti beaucoup plus à l'aise. Sa voix était claire; il ne tremblait pas. J'ai tout de suite pensé, en le voyant, à trois grandes figures de l'Église: le pape Jean-Paul Ier, à qui il ressemble un peu physiquement, Jean XXIII, par sa simplicité et Elder Camara, car, comme lui, il ne semble guère apprécier les pompes et le décorum. J'y ai vu un signal positif. Je pense en effet que l'Église doit faire un effort au niveau du langage. Aujourd'hui, l'emballage est tout aussi important que le contenu."
Plein d'espoir pour l'avenir
Peter Annegarn revient également sur le choix du prénom François. "J'ai directement été relire la prière qui est attribuée à saint François d'Assise: 'Seigneur, fais de moi un instrument de paix'. Et je vous conseille d'en faire autant, car celle-ci constitue un véritable programme en soi. S'il met en pratique tout ce qui s'y trouve, ce sera vraiment magnifique. Je suis donc plein d'espoir pour l'avenir, car le pape François me semble être un homme d'écoute et de dialogue. Je ne crois donc pas qu'il se comportera comme un patron, mais plutôt comme un serviteur. Reste maintenant à voir de qui il va s'entourer, car il n'est plus tout jeune. C'est le gouvernement qu'il va former qui sera probablement chargé de mettre en œuvre son programme. Sa crédibilité va donc se jouer dans les prochaines semaines."
Pascal ANDRÉ
