Mal de nos sociétés occidentales, la dépression affecte 5 à 7% des adolescents, les filles surtout. Et l'école ne fait rien pour atténuer ce mal-être…
Une recherche menée par Aurore Boulard, dans le cadre de sa thèse de doctorat, révèle que "5 à 7% des adolescents connaissent un épisode dépressif majeur (EDM)". Selon cette assistante en psychologie à l'Université de Liège, les filles sont deux fois plus touchées que les garçons par ces dépressions qui, dans les deux tiers des cas, ne sont pas médicalement soignées. "Or, dans les trois ans qui suivent le diagnostic d'un EDM, 70% des jeunes font une tentative de suicide", rappelle la psychologue-clinicienne.
Causes multiples
Quels sont les causes de ces EDM ? "L'exclusion, les agressions verbales et le sentiment d'être jugé par les pairs", pour Aurore Boulard, qui a croisé les résultats de trois études complémentaires. De plus, ajoute la chercheuse, "l'humeur dépressive donne des signaux de faiblesse propices aux attaques et à l'instauration d'une situation de harcèlement qui, ajoutées à des relations sociales minimes, sont fortement liées au développement de sentiments dépressifs et d'idées suicidaires, surtout chez les filles". Il y aurait donc un cercle vicieux de la dépression en quelque sorte…
Par ailleurs, l'assistante en psychologie regrette que la notion de bien-être soit encore trop absente des préoccupations au sein des écoles. "De manière institutionnelle, et en collaboration avec les enseignants, il devrait être possible de s'interroger sur la manière de vivre ensemble à l'école", estime-t-elle, suggérant la création de groupes de parole dans le secondaire.
P.G. (avec La Libre Belgique)
