1ère exécution en Indonésie depuis 4 ans…


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1ère exécution en Indonésie depuis 4 ans…
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Le 15 février, Adami Wilson, un ressortissant malawien de 48 ans qui avait été condamné pour trafic de stupéfiants en 2004, a été fusillé par un peloton d'exécution à Djakarta, en Indonésie. C'est la première exécution en Indonésie depuis novembre 2008. Un scandale selon Amnesty International.

Adami Wilson était déclaré coupable d'avoir passé en contrebande un kilogramme d'héroïne en 2004 à Tangerang, dans la province de Banten. Pour ce fait, il a été exécuté le 15 février. Un mois plus tard, le 15 mars, le procureur général indonésien, Basrief Arief, a déclaré qu'au moins neuf autres exécutions auraient lieu en 2013 et que jusqu'à 20 condamnés pourraient être mis à mort.

Un véritable retour en arrière… En effet, la dernière exécution remonte à 2008, et a concerné trois hommes impliqués dans les attentats de Bali, en 2002.

"C'est tout à fait scandaleux. Amnesty International s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances, mais la longue période durant laquelle l'Indonésie n'a procédé à aucune exécution et le fait que le gouvernement ait annoncé qu'il comptait mettre d'autres personnes à mort rend la situation encore plus choquante", a dénoncé Papang Hidayat, spécialiste de l'Indonésie au sein d'Amnesty International.

Selon les estimations de l'ONG, environ 130 personnes seraient sous le coup d'une condamnation à mort en Indonésie, dont plus de la moitié pour trafic de stupéfiants. D'après Amnesty International, les infractions à la législation relative aux stupéfiants ne répondent pas à la définition des "crimes les plus graves", contrairement à ce que requiert le droit international en cas de recours à la peine capitale.

La mise à mort d'Adami Wilson et la déclaration du procureur général vont à l'encontre d'éléments positifs indiquant l'abandon définitif par l'Indonésie de la peine capitale.

Signe avant coureur, lors de l'Assemblée générale des Nations unies en décembre 2012, l'Indonésie s'est pour la première fois abstenue de voter contre une résolution appelant à la mise en place d'un moratoire mondial sur les exécutions.

A.L/Amnesty International

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