L’appel de Benoît XVI pour l’unité de l’Eglise


Partager
L’appel de Benoît XVI pour l’unité de l’Eglise
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Benoît XVI a célébré hier soir la dernière messe publique de son pontificat à l’occasion du mercredi des Cendres. S’exprimant dans une basilique Saint-Pierre comble, il a affirmé que le visage de l’Eglise était parfois "défiguré" par les divisions au sein du corps ecclésial.

Une fois encore, dans son homélie, Benoît XVI a parlé de l’importance du témoignage de foi et de vie chrétienne de chaque chrétien et de chaque communauté pour manifester le visage de l’Eglise. Ce visage, a regretté le souverain pontife, est "parfois défiguré". "Je pense en particulier aux péchés contre l’unité de l’Eglise, aux divisions au sein du corps ecclésial". Selon le pape, vivre le Carême dans une communion ecclésiale plus intense et évidente, en dépassant les individualismes et les rivalités, est un "signe humble et précieux pour ceux qui sont éloignés de la foi ou indifférents".
Benoît XVI a fait référence au fait que, de façon inédite, cette messe des Cendres était célébrée au Vatican et non sur la colline romaine de l’Aventin. "Du fait des circonstances, nous nous retrouvons dans la basilique vaticane", a relevé Benoît XVI. "Pour moi, c’est une occasion propice de remercier chacun, en particulier les fidèles du diocèse de Rome, au moment où je m’apprête à achever mon ministère pétrinien et à demander un souvenir particulier dans la prière".

Une cinquantaine de cardinaux

Commentant les lectures du jour, et notamment l’appel lancé par le prophète Joël au peuple juif "Déchirez vos coeurs et non vos vêtements", le pape a souligné toute l’actualité de ces paroles. "De nos jours, aussi, a-t-il constaté, de nombreuses personnes sont prêtes à ’déchirer leurs vêtements’ face aux scandales et aux injustices – naturellement commis par les autres – mais peu d’entre elles semblent disposées à agir sur leur propre cœur, sur leur conscience et leurs intentions".
La messe avait été précédée de la traditionnelle procession pénitentielle, ouverte par les deux communautés présentes sur la colline de l’Aventin : les bénédictins de Saint- Anselme et les dominicains de Sainte-Sabine.
De façon exceptionnelle, le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège avait été convié à cette célébration des Cendres, à laquelle assistaient également près de 50 cardinaux.
Après l’homélie, Benoît XVI, le visage fatigué, a imposé les cendres aux cardinaux Tarcisio Bertone, Angelo Sodano, Jozef Tomko et Raffaele Martino, à des moines, ainsi qu’à plusieurs fidèles. C’est le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, qui a imposé les cendres au pape.

L'hommage de Mgr Bertone

Au terme la célébration, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a adressé au pape des paroles empreintes d’émotion, évoquant "un voile de tristesse sur notre cœur". "Nous avons tous compris que c’est votre amour profond pour Dieu et pour l’Eglise qui vous a poussé à cet acte", a affirmé le fidèle bras droit de Benoît XVI, révélant la "pureté d’âme, la foi robuste et exigeante, la force de l’humilité et de la douceur, unies à un grand courage" qui ont caractérisé toute la vie et le ministère du pape.
Le cardinal Bertone a aussi insisté sur la nécessité de la "conscience ferme" que l’Eglise n’était pas guidée par les hommes mais par Dieu.Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a alors assuré que la décision douloureuse de Benoît XVI était un "grand enseignement donné non seulement aux pasteurs de l’Eglise, mais à tout le peuple de Dieu". Et il a aussi exprimé, au nom de ses confrères et des fidèles, la "grande affection, l’émotion et l’admiration" pour cet "humble travailleur dans la vigne du Seigneur".
A l’issue de ce discours, Benoît XVI a été applaudi par l’assemblée et par les célébrants pendant plus de 3 minutes, dans une atmosphère d’émotion palpable.

Apic

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie