Chokri Belaid, l’un des grandes figures de la gauche radicale tunisienne, a été assassiné en début de semaine. Sa mort a entraîné de vives réactions dans le pays, déjà en proie à une crise économique et politique profonde. Cet assassinat a provoqué un peu partout de très vives réactions. Un millier de manifestants a convergé vers le ministère de l’intérieur, dans le centre de Tunis, pour dénoncer un « crime politique ».
Chokri Belaid, avocat de 47 ans, était l’un des dirigeants du Front populaire, une coalition de partis de gauche d’opposition. Sa famille a ouvertement accusé le parti islamiste Ennahda, qui dirige le pays, d’être responsable de la mort du politicien. Certains manifestants estiment qu’il s’agit d’un crime politique et ont appelé à « une deuxième révolution ». Des manifestants se sont retrouvés dans le centre de Tunis, jetant des pierres sur les policiers avant d’être violemment repoussés par les forces de l’ordre. Des locaux du parti Ennahda ont été incendiés. Des manifestations ont aussi éclaté dans plusieurs villes, y compris à Sidi Bouzid, d’où était partie la révolution il y a un peu plus de deux ans, en décembre 2010.
Chokri Belaid, réputé pour ne pas mâcher ses mots, était très critique à l’égard du gouvernement. Samedi 2 février, il avait affirmé que des milices à la solde du parti Ennahda avaient attaqué un meeting politique de son propre parti.
Les autorités tunisiennes ont fermement condamné son assassinat.
D'après La Croix
