Caterpillar Belgium supprime 1.400 emplois


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Caterpillar Belgium supprime 1.400 emplois
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Après Ford et Arcelor-Mittal, entre autres, c’est au tour de Caterpillar d’annoncer le licenciement de quelque 1.400 travailleurs. La nouvelle a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Question de survie, dit la direction. Le Premier ministre a exprimé sa solidarité via un tweet et devrait rencontre ce jour une délégation des travailleurs. De son côté, l’évêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny, a fait part de sa consternation et de sa grande tristesse.

Quelque 1.100 ouvriers et 300 employés perdront leur emploi sur le site de Caterpillar à Gosselies. La direction de l’entreprise a fait cette annonce ce jeudi matin, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de se séparer de quelque 1.400 travailleurs. « Ces suppressions d'emplois se situent dans le cadre plus large d'un plan industriel qui vise à recentrer vers le marché européen l'activité du site et à assurer sa viabilité pour les prochaines années », a indiqué l'administrateur délégué de Caterpillar Belgium, Nicolas Polutnik,

"Décision douloureuse mais nécessaire"

Si la poursuite des activités semble garantie sur le site, il n’en reste pas moins vrai que la nouvelle fait mal, dans une région déjà fort touchée par le chômage et la crise. Pour les responsables de la société, il s’agit, hélas, d’une mesure douloureuse mais « indispensable » pour éviter une fermeture pue et simple. Elle souligne que cette décision d'opérer une restructuration et plus largement de réorienter les activités de l'entreprise est la conséquence de la crise économique qui frappe certains pays européens auxquels est destinée la majorité des machines fabriquées à Gosselies. De plus, l’entreprise américaine doit tenir compte aussi de la concurrence de producteurs asiatiques.

L’administrateur de la filiale belge du géant américain a encore déclaré que la décision était douloureuse, mais qu’il préférait « annoncer 1.400 pertes d'emploi qu'avoir à annoncer la fermeture pure et simple de l'usine et le licenciement de ses 3.700 travailleurs ». Il a aussi signalé que le plan de restructuration prévoit la modernisation des infrastructures via des investissements et la spécialisation du site vers des productions destinées majoritairement au marché européen.

Consternation et tristesse… Ce sont les mots utilisés par l’évêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny, à l’annonce de ces licenciements. « J'apprends avec consternation et grande tristesse la perte de 1400 emplois chez Caterpillar à Gosselies. Je tiens à exprimer ma solidarité avec les travailleurs et leurs familles qui passent par cette douloureuse épreuve », a-t-il indiqué.

 

Le Premier ministre Elio Di Rupo, la ministre fédérale de l'Emploi Monica De Coninck et le ministre wallon de l'Economie Jean-Claude Marcourt rencontrent les syndicats de Caterpillar ce jeudi à 18h30. Le Premier ministre a exprimé sur Twitter sa "solidarité" et son "profond soutien aux travailleurs" de l'entreprise.

 

Face à ce nouveau drame social, il est plus que temps que des mesures soient prises notamment au niveau européen. Et il ne faut pas hésiter à se poser la question de savoir si l’attitude de l’Union européenne face à la crise et aux solutions qu’elle recommande pour en sortir est véritablement la bonne approche. Le nombre impressionnant de pertes d’emplois dans notre pays doit interpeller nos dirigeants, car derrière chacune se trouve une réalité humaine et sociale qui ne peut être passée sous silence. Quand la croissance n’est pas au rendez-vous, il existe des solutions pour pallier à une récession, sans nécessairement conduire dans la détresse des familles entières.

Jean-Jacques Durré

Catégorie : L'actu

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