Le synode des évêques de l’Église chaldéenne a débuté le 28 janvier, avec pour objectif l’élection d'un nouveau patriarche. Présidé par le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le synode de cette Église majoritairement irakienne ne se tient pas à Bagdad pour des raisons de sécurité.
Mandaté par le Pape pour présider cette assemblée et ce vote, le Cardinal Sandri rappelé aux 17 évêques chaldéens réunis à Rome qu’ils sont tenus de respecter le secret électoral. Leur synode se déroule d'ailleurs à huis clos.
Ce scrutin se caractérise par trois conditions : la liberté du vote, sans conditionnement et sans pacte, le vote devant Dieu, qui n'est subordonné à aucun autre intérêt, et, enfin, le choix du meilleur candidat.
Une "Lectio Divina" proposée par Mgr Enrico dal Covolo, recteur de l’Université pontificale du Latran, et une conférence de Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle Evangélisation, étaient au programme des évêques chaldéens le premier jour. Ensuite, la journée du 29 janvier est réservée à des entretiens sur la situation de l’Eglise chaldéenne. Les votations débuteront le 30 janvier, selon les règles prévues par le Code des Canons des Eglises orientales.
Ces 17 évêques viennent de Bagdad, Kirkouk ou Mossoul, mais aussi de la diaspora d’Amérique du Nord ou d’Europe, et représentent la diversité de cette communauté irakienne. A Rome, ces évêques vont élire un nouveau patriarche de Babylone, après la démission du Patriarche Emmanuel III Delly au mois de décembre, pour raison d’âge. Comme les autres communautés du pays, les chaldéens ont payé cher la guerre américaine lancée il y a bientôt dix ans et le chaos sécuritaire qui s’en est suivi. Cette Église comptait quelque 550 000 fidèles dans le pays avant l’invasion de 2003, 150 000 dans la diaspora. Aujourd’hui, après un exode massif, les proportions sont presque inversées. Cette Église chaldéenne, que la tradition fait remonter à la prédication de l’apôtre Thomas, est à un tournant de son histoire. Dans un Moyen-Orient où les chrétiens s’inquiètent de l'avenir, les défis sont nombreux : comment prendre leur part dans une société irakienne toujours marquée par la violence ? Faut-il fuir ou rester ?
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