Inde: l’évêque de Vasai appelle au respect des femmes


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Inde: l’évêque de Vasai appelle au respect des femmes
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

A la suite du viol d’une jeune indienne, l’évêque de Vasai en Inde, Mgr Felix Machado, a estimé que cette agression révélait un déficit de respect de la vie dans la société indienne en général. Il a appelé à mieux éduquer les jeunes au respect de la femme.

Ce jeudi 3 janvier, les cinq auteurs présumés du viol collectif d’une étudiante de 23 ans dans un bus à New Delhi, décédée des suites de l’agression, doivent comparaître devant la justice indienne pour la première fois depuis cette affaire qui a profondément choqué le pays. La police doit formellement engager des poursuites pour viol, enlèvement et meurtre à l’encontre des cinq suspects majeurs, qui vivent pour la plupart dans des bidonvilles de la capitale fédérale et sont âgés de 19 à 35 ans.

Cette agression n’est hélas pas un cas unique en Inde. Selon Mgr Machado, évêque de Vasai, la médiatisation de cette affaire ne doit pas faire oublier que « les cas de ce genre sont fréquents ». A Il rappelle qu’à Bombay, un jeune catholique a récemment été tué alors qu’il tentait de défendre des jeunes filles qui étaient violées. « Rien n’a été fait par la suite », regrette le prélat, qui, face au relativisme moral, demande une éducation plus importante aux valeurs et à l’éthique, dont le respect des femmes.

Risque d’adoption de "lois immorales"

La nature particulièrement violente de cette attaque contre la jeune indienne a fait exploser la colère, jusque-là contenue, contre les agressions et viols commis en toute impunité en Inde. Mgr Machado craint que des "lois immorales" ne soient adoptées sous le coup de l’émotion, comme l’instauration de la peine de mort pour les coupables. De fait, selon le ministre indien de l’Intérieur, Sushilkumar Shinde, les suspects encourent la peine de mort.

Sur Radio Vatican, l’évêque de Vasai a dénoncé également la faiblesse des forces de sécurité et l’impunité dont jouissent de nombreux jeunes issus des familles riches. « La famille indienne est influencée par la mondialisation, où les jeunes ne reçoivent pas une éducation aux valeurs et à l’éthique », selon Mgr Machado.

Signalons encore que les avocats rattachés au tribunal de Saket ont annoncé mercredi qu’ils refusaient de défendre les auteurs présumés. Me Sanjay Kumar, membre du Barreau du district de Saket, a déclaré que les 2.500 avocats enregistrés auprès du tribunal ont décidé de « rester à l’écart » pour assurer une « justice rapide » , signifiant ainsi que les avocats des suspects devront être commis d’office.

Le secrétaire indien à l’Éducation, Shashi Tharoor, a, de son côté, proposer l’adoption d’une nouvelle loi réprimant plus sévèrement les agressions sexuelles, qui pourrait porter le nom de l’étudiante en kinésithérapie décédée.

D'après Apic/Imedia et La Croix

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