En crise, l’Europe attire surtout l’attention par les tentatives de solutions pour résorber les déficits publics des états et leurs dettes souveraines. Pourtant, penser l’avenir du Vieux Continent sous le seul aspect financier et économique est réducteur. Lors d’une rencontre organisée actuellement par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) à Chypre, le vice-président de la COMECE a estimé que « l’Europe est beaucoup plus que l’euro » et qu’elle doit « retrouver son unité de fond » pour trouver des solutions à la crise.
Au cours de cette rencontre de Nicosie, les évêques et les délégués responsables pour les questions sociales des Conférences épiscopales d’Europe planchent sur des questions comme le fondement de la cohésion sociale aujourd’hui et sur les éléments qui la mettent en péril aux niveaux local et européen.
Evoquant la crise économique actuelle, Mgr Gianni Ambrosio, vice-président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE) fait observer que « la croissance des dettes souveraines et la perte de confiance des investisseurs dans l’économie montrent « l’interdépendance entre tous les pays ». Selon lui, cette prise de conscience de l’interdépendance est salutaire. « Elle doit pousser l’UE à retrouver son unité de fond pour que l’activité économique, comme toute autre dimension de l’agir humain, ne se réalise jamais dans un vide moral, mais toujours à l’interne d’un contexte culturel déterminé », a insisté le prélat.
Pour Mgr Ambrosio, « l’Europe est beaucoup plus que l’euro ». Il estime qu’elle est davantage qu’un espace de libre échange et de convenances économiques réciproques et que ce « plus » ne peut pas être écarté. « Il est encore plus nécessaire pour sortir de la crise actuelle ». Et le vice-président de la COMECE évoque une position commune des chrétiens à ce sujet. Alors que les solutions motivées par des considérations à court terme amènent inévitablement à une politique économique à courte échéance, la COMECE invite à avoir une vision à long terme, c’est-à-dire à s’intéresser aux « valeurs qui peuvent soutenir et exprimer une communauté de solidarité et de responsabilité », a-t-il poursuivi.
Dans son intervention à Nicosie, Mgr Ambrosio a encore affirmé que l’interconnexion entre les pays d’Europe entraine la nécessité d’une meilleure coordination des politiques économiques au niveau communautaire, afin de tenir ensemble les objectifs de rigueur de bilan, croissance économique, création de postes de travail. Pour lui, il s’agit de montrer la vitalité de l’économie sociale de marché. « Les valeurs qui inspirent l’économie sociale de marché correspondent aux grands principes de la Doctrine sociale de l’Eglise », a-t-il conclu.
Rappelons qu’à la mi-juillet 2012, la COMECE et ses partenaires œcuméniques ont élaboré une position commune sur le rôle des acteurs d’Eglise dans la politique de cohésion européenne. Le document appelle à un engagement plus déterminé pour « promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale et la solidarité entre les Etats membres de l’Europe ». « Les chrétiens sont spécialement concernés, car la solidarité est l’expression naturelle de leur foi », souligne le texte.
JJD (d’après Zenit)
