La fondation du "Caritas Baby Hospital" fêtera ses 60 ans, les 22 et 23 septembre prochains. Cet hôpital, qui ne comptait que 14 lits installés dans deux chambres il y a un peu plus de 50 ans, s’est développé au point de devenir un imposant établissement hospitalier et une véritable institution à Bethléem et dans toute la région.
Lorsque le journaliste valaisan et Missionnaire de la Salette Ernst Schnydrig effectue un reportage sur les camps de réfugiés en 1952 à Bethléem, il assiste à la mise en terre d’un enfant par son père. Il était mort de faim. Que des enfants souffrent à ce point à l’endroit même où Dieu s’est fait homme était insupportable pour le religieux, qui décida de fonder l'hôpital, "afin qu’au lieu de naissance de Jésus aucun enfant ne soit privé de soins médicaux". En Europe, l’association "Secours aux Enfants Bethléem" soutient les activités de l'établissement.
60 ans après sa fondation, l’offre de l’établissement hospitalier ne cesse de s’accroître. Environ 34.000 enfants et bébés, de toutes provenances et appartenances religieuses, y ont été traités l’an dernier. La majorité d’entre eux n’avaient pas deux ans et présentaient déjà des symptômes provoqués par la misère, comme un poids insuffisant, une pneumonie, la jaunisse des nouveaux nés ou des troubles de croissance. Et quelque 880 nouveaux nés ont été secourus en 2011 en néonatalogie, grâce aux contributions des donateurs à l’étranger.
Pour beaucoup, la ville de Bethléem symbolise l’enfance. Cette association d’idées explique en bonne partie la générosité des Européens à l’égard de cette institution. Un montant de 7,3 millions de francs a ainsi été récolté pour le dernier projet d’agrandissement du Caritas Baby Hospital. Des nouveaux traitements spécialisés sont ainsi proposés dans les domaines de la cardiologie et du dépistage auditif, ainsi que de la physiothérapie et un service social. Jusqu’à 43 femmes peuvent passer la nuit dans la nouvelle aile réservée aux mères. Et durant leur séjour, elles peuvent suivre des cours à "l’école des mères" sur des thèmes comme l’hygiène et la nutrition, et également reprendre des forces dans un environnement protégé.
"Nous sommes là"
Cette phrase figure en différentes langues sur la façade vitrée du service des soins ambulants. Quelques enfants jouent dans un hall d’entrée lumineux. Et l’accueillante lumière verte de la salle d’attente rappelle une importante facette de l’hôpital. Il est porteur d’espoir dans une région marquée par les conflits, "un phare d’espérance" qui montre que "l’amour peut prévaloir sur la haine et la paix sur la violence", comme l’a affirmé le pape Benoît XVI lors de sa visite en mai 2009.
De nombreux patients de cet hôpital chrétien sont des musulmans, majoritaires dans la région. Lors de l’inauguration du nouveau de service de soins ambulants, le patriarche de Jérusalem Fouad Twal a souligné combien l’hôpital, à portée de vue du mur de séparation, constituait un témoignage "d’amour du prochain sans frontières".
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