Mgr Müller se dit en « accord total » avec le pape


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Mgr Müller se dit en « accord total » avec le pape
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Dans une interview au quotidien bavarois « Mittelbayerische », Mgr Gerhard Ludwig Müller, nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), a déclaré que « la théologie catholique doit trouver une réponse dans ses propres sources ». L’occasion aussi pour le prélat allemand d’évoquer la téhologie de la libération, dont il a été proche, et de se dire en « accord total » avec le pape.

Faisant allusion à sa récente nomination à la tête de la CDF, Mgr Müller s’est réjouit de travailler désormais avec « 15 nations » différentes, faisant ainsi l’expérience de « l’Eglise du monde ». Par ailleurs, celui qui l’on présente parfois comme un « libéral » dans son pays, accepte ce qualificatif en citant saint Thomas d’Aquin : « Dieu est le plus grand libéral ». Et d’expliquer : « Dans le sens général, la "liberalitas" signifie la générosité … dans ce sens-là, j’aime être un libéral ».

Revenant sur ses affinités avec la théologie de la libération – comme étudiant et ami du P. Gustavo Gutierrez, le « père » de cette théologie – Mgr Müller souligne que la foi catholique est inséparable de « la responsabilité pour le monde, de l’amour du pauvre ». C’est pourquoi « toute théologie chrétienne a quelque chose à voir avec la liberté de l’homme ». Pour le préfet de la CDF, devant la misère et l’injustice flagrante vécue en Amérique du sud, l’attitude du chrétien est une question de théologie. « Nous ne pouvons pas passer notre chemin avec un pieux froncement des sourcils, car foi et bonne action vont de pair ».

Mgr Müller se dit en « accord total » avec Benoît XVI, qui, selon lui, « n’a d’ailleurs pas remis entièrement en question la théologie de la libération, mais « seulement certains aspects » que l’archevêque partage. Il souligne que la théologie de la libération ne peut être « un mélange douteux de communisme et de foi catholique ». La théologie catholique, explique-t-il, « doit trouver une réponse dans ses propres sources. D’ailleurs, l’enseignement social de l’Eglise catholique a montré qu’il était bien supérieur aux analyses marxistes. Il s’agit de ne pas cautionner une société divisée entre les riches et les pauvres, et dans laquelle l’un a accès à l’éducation, et pas l’autre ». Pour l’archevêque, employés et employeurs ne doivent pas agir les uns contre les autres, comme des groupes d’intérêt mais ils doivent tous être engagés pour le bien commun.

Sur la question de la communion pour les divorcés-remariés, très discutée en Allemagne, Mgr Müller se dit à nouveau en accord avec le pape. « Un mariage valide entre chrétiens est indissoluble, et inclut la promesse d’une fidélité pour la vie ». Le préfet de la CDF ajoute qu’il serait faux de croire que « si l’on ne peut pas aller communier, on n’est rien dans l’Eglise ».

« En effet, on peut être investi dans la célébration de la messe, engagé dans le mystère salvifique de Jésus Christ et ce même sans communier ». Pour l’archevêque allemand, « s’il faut « reconnaitre la situation difficile des époux dont la faute n’est pas toujours à part égale, il ne faut pas oublier cependant les blessures d’enfants de parents divorcés ». C’est pourquoi Mgr Müller invite à remettre en question « la mentalité qui considère la promesse du mariage et la formation de la famille d’une manière trop floue ».

JJD (avec Zenit)


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