Le Vatican réitère son opposition à l’ordination d’un évêque chinois


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Le Vatican réitère son opposition à l’ordination d’un évêque chinois
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Faisant fi de la position du Vatican, le gouvernement chinois veut à tout prix que l’Eglise locale organise l’ordination épiscopale du Père Yue Fusheng, âgé de 48 ans. Elle est prévue le 6 juillet 2012 dans l’administration apostolique de Harbin, en Mandchourie, dans le nord de la Chine. La Congrégation romaine pour l’évangélisation des peuples, dans une note publiée le 3 juillet, rappelle que "la nomination des évêques n’est pas une affaire politique, mais religieuse". Par conséquent, elle ne peut se faire sans mandat du pape et elle est donc illicite.

Au départ, l’ordination épiscopale du Père Yue Fusheng devait avoir lieu le 29 juin dans la ville de Harbin. Mais elle a été repoussée sans qu’aucune raison ne soit donnée. Dans la province du Heilongjiang, le Père Joseph Yue Fusheng devait devenir l’évêque "officiel" du diocèse de Harbin. Son ordination n’avait pas été approuvée par Benoît XVI, tandis que Pékin cherchait des évêques acceptant de participer à la cérémonie d’ordination.

Excommunication automatique en cas de transgression

La Congrégation vaticane souligne dans sa note que sans mandat papal, il n’y a pas d’Eglise catholique. « L’ordination épiscopale de Harbin a été programmée de façon unilatérale », insiste-t-elle, « et causera des divisions, des blessures et des tensions à l’intérieur de la communauté catholique en Chine ». « Une telle action porte atteinte à l’unité de l’Eglise et à toute l’oeuvre d’évangélisation », souligne la Congrégation romaine.

La note relève que le Père Yue Fusheng a été averti par le Saint-Siège qu’il n’avait pas de mandat du pape et que par conséquent, s’il acceptait son ordination, il risquait l’excommunication automatique. La même mesure sera appliquée à tous les évêques participant à la consécration épiscopale sans mandat apostolique.

Pas d’Eglise catholique "indépendante du Saint-Siège"

Notons qu’en avril 2012, la Commission pour l’Eglise catholique en Chine avait réitéré sa condamnation des ordinations illégitimes dans le pays et a reproché aux évêques consécrateurs d’avoir usurpé un pouvoir que l’Eglise ne leur avait pas conféré. En Chine, il est fréquent que des évêques excommuniés participent à des ordinations de l’Eglise fidèle au pape, de même que des évêques en communion avec Rome soient contraints de participer à des ordinations de l’Eglise officielle, malgré les recommandations du Vatican.

La Commission avait sévèrement condamné la prétention de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), contrôlée par le gouvernement chinois, de se placer au-dessus des évêques. En ce sens, la commission rappelait que les lignes proposées par Benoît XVI, dans sa lettre du 30 juin 2007 aux catholiques chinois, restaient actuelles. Dans cette lettre aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l’Eglise catholique en République populaire de Chine, le pape soulignait l’importance de « la communion et de l’unité ». « Ainsi, le projet d’une Eglise indépendante du Saint-Siège, dans le cadre religieux, est incompatible avec la doctrine catholique », avait-il ajouté. Le Saint-Père avait qualifié « d’indispensable pour l’unité de l’Eglise dans les différentes nations, que chaque évêque soit en communion avec les autres évêques, et que tous soient en communion visible et concrète avec le pape ».

« Le gouvernement chinois a été informé que l’ordination épiscopale du Père Yue Fusheng n’a pas l’approbation du Saint Père, et que sa réalisation serait contraire aux signes de dialogue entre la partie chinoise et le Saint-Siège », explique-t-on au Vatican.

apic/news.va

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