Dans son traditionnel discours radiotélévisé prononcé à l’occasion de la fête nationale, le roi Albert II s’est réjoui de ce que la Belgique ait retrouvé sa crédibilité sur le plan international, mais aussi des accords institutionnels conclus. Le souverain a également félicité le gouvernement pour son travail en matière socio-économique.
Le discours royal est toujours très attendu. L’an dernier, à pareil époque, le roi Albert II n’avait pas hésité à faire part, avec une conviction ponctuée par des gestes éloquents, de ses « graves préoccupations à la suite du blocage politique persistant ». Il avait mis les responsables politiques et tous les citoyens en garde contre les dangers d'une telle situation. S’il a rappelé cela lors de son discours de 2012, prononcé à la veille de la Fête nationale, le souverain a d’emblée fait part de sa satisfaction des accords intervenus sur les plans communautaire, social, économique et financier. « Des solutions ont été apportées sur le plan institutionnel. Elles donnent aux différentes entités du pays davantage d'autonomie et de responsabilités. De plus, BHV, un problème qui empoisonnait depuis longtemps notre vie politique, a finalement pu être résolu », a-t-il souligné.
Toutefois, les premiers mots du roi ont été pour les familles des enfants décédés dans l’accident de car à Sierre en Suisse, au début de l’année. « Je voudrais d'abord dire à nouveau aux familles des enfants disparus lors de l'accident d'autocar en Suisse, et à toutes les familles qui ont perdu un enfant, combien le pays continue à penser à elles. Pour la Reine et pour moi, les visages des enfants disparus, le courage et la dignité de leurs proches resteront longtemps encore gravés dans notre mémoire ».
Pour le roi, le programme budgétaire rigoureux, élaboré malgré un contexte international très difficile et les mesures structurelles prises pour faire face au vieillissement de la population et pour favoriser la croissance, constituent aussi un signal positif. Il a estimé que cela devait « nous donner confiance et nous inciter à poursuivre résolument le travail engagé, tant dans le domaine institutionnel que socio-économique ».
« Grâce à ces accords et à ces réformes, notre pays a regagné sa crédibilité internationale et il peut à nouveau reprendre son rôle de pionnier sur le plan européen. J'ai pu constater que cela était attendu et apprécié lors de mes différentes rencontres avec les responsables du Parlement européen, de la Commission et de la Présidence du conseil », a poursuivi Albert II, ajoutant que « cette crédibilité retrouvée nous permet de plaider pour qu'en Europe, à côté de la nécessaire rigueur budgétaire, on développe une politique de croissance. Il faut donner des perspectives, des emplois durables et de l'espoir aux jeunes. Pour y parvenir, nous aurons besoin de plus d'Europe et de plus de solidarité ».
Le roi est revenu sur la réforme de l’Etat pour rappeler que la prochaine étape serait celle des transferts de compétences et de la loi de financement. Il a invité les responsables politiques à mettre toutes ces réformes en œuvre, « sans nostalgie et de façon efficace », estimant que cela donnera plus de stabilité à notre pays.
Soucieux de l’unité du pays, le souverain a rappelé, comme il l’avait fait l’an dernier, l’importance de faire évoluer les mentalités vers une plus grande ouverture aux cultures des communautés de notre pays et des différentes nations européennes. « C'est par une meilleure compréhension de l'autre que nous construirons au mieux l'unité dans la diversité, tant au sein de notre pays qu'au sein de l'Europe ». Et de se réjouir des initiatives prises dans ce sens par des jeunes, par des mouvements de citoyens, par le monde culturel, et par le Fonds Prince Philippe, etc.
Le roi Albert II a aussi partagé son émerveillement devant les talents des Belges dans différents domaines comme la recherche scientifique, la création culturelle, l'activité économique, l'engagement social, l'action humanitaire, la compétition sportive, etc. Il a estimé que « comme Belges, tout cela raffermira notre confiance en nous-mêmes, et en notre capacité à trouver des solutions concrètes aux problèmes de notre société. Cela nous encouragera aussi à éviter le repli sur soi et le populisme. Deux tendances dont on trouve trop de manifestations aujourd'hui en Europe comme chez nous, et qui ne mènent à rien ».
Et de terminer : « Une franche ouverture d'esprit et une réelle disposition constructive sont ce que la reine et moi, et toute notre famille, nous vous souhaitons de tout cœur à l'occasion de notre fête nationale ».
Lors des son mot d’accueil au Te Deum du 21 juillet à la Cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, s’est lui aussi inscrit dans cette même dynamique, en rappelant que la Belgique est un pays où chacun doit se sentir chez lui.
JJD
Photos© Claire Jonard

