C'est dans un gymnase du grand stade de Kaboul, sinistrement célèbre pour les exécutions publiques de femmes adultères par les talibans (au pouvoir à la fin des années 1990), que Shabnam Rahimi s'entraine. Uppercuts, crochets, directs… Son objectif se rapproche et ses coups redoublent de vigueur. Du 27 juillet au 12 août auront les Jeux Olympiques de Londres 2012 et la jeune afghane de 18 ans espère remporter une médaille en boxe féminine, pour elle mais pas seulement…
Car Shabnam appartient à l'équipe "Kabul Girls Boxing", qui rassemble des femmes de tout le pays, unies autours d'un beau projet : Boxer pour la paix. C'est la CPAU, coopération pour la paix et l’unité en Afghanistan, financée par Oxfam, qui a développé ce programme. Dans ce petit gymnase de Kaboul, on fait du sport mais pas la guerre... "Ce n’est pas seulement parce qu’elles prennent plaisir à ces activités, mais parce qu’elles peuvent ainsi contribuer à changer l’opinion publique sur la place de la femme en Afghanistan ", estime le porte-parole de l’organisation humanitaire internationale Oxfam en Afghanistan.
Objectif : JO 2012
Encore jamais une femme afghane n’a remporté de médaille olympique et seul un homme y est parvenu, en 2008, à Pékin, devenant un véritable héros dans son pays. C’est dans cette perspective que des ONG tentent de promouvoir le sport de haut niveau pour les femmes en Afghanistan.
Toutefois, pour le moment rien n'est sûr quant à la participation de Shabnam Rahimi aux J.O de Londres. Une pétition internationale en sa faveur a été lancée par la présidente de l'organisation afghane Coopération pour la paix et l'unité (CPAU), apprend-t-on dans le Courrier International.com du 6 juin.
"Si je ne vais pas à Londres, je continuerai à m'entraîner. Mais si on me laisse participer, j'espère que toutes les femmes afghanes seront fières de moi", affirme la boxeuse dans le Courrier International.
Une fois cet obstacle surmonté, Shabnam devra affronter trois autres adversaires de taille : La phase qualificative en juillet, le ring et peut-être le KO… Qu'importe la belle ne rêve que d'une chose : Défendre les couleurs de son pays à Londres, et à travers celles-ci, promouvoir l'image de la femme afghane.
A.L

