On connaissait le climat de tension régnant au sein de la FSSPX, depuis que des messages échangés entre le supérieur de la fraternité, Mgr Fellay (photo) et les 3 autres évêques Mgr Alfonso de Galarreta, Mgr Bernard Tissier de Mallerais et Mgr Richard Williamson mettaient au jour des dissensions à l’intérieur de la Fraternité au sujet des rapprochements avec Rome. Les trois évêques rejettent le Préambule doctrinal remis par le Saint-Siège. Dans la perspective de rapprochement voulue par Rome, la Congrégation pour la doctrine de la foi demande de nouveaux approfondissements aux lefebvristes.
La CDF (Congrégation pour la doctrine de la foi) confirme dans un communiqué publié le 16 mai qu’après examen de la réponse apportée par Mgr Bernard Fellay (photo), supérieur général de la FSSPX, au Préambule doctrinal soumis en 2011, « quelques observations ont été formulées, dont il sera tenu compte dans des discussions ultérieures entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie-X ». Le supérieur général de la FSSPX, doit convoquer un chapitre général de sa Fraternité sacerdotale au mois de juillet. En attendant, les discussions se poursuivent entre Rome et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mais il faudra encore du temps avant qu’elles n’aboutissent, et la position de chacun des quatre évêques ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre sera examinée au cas pas cas, indique le Vatican.
Selon le journal La Croix, ces observations sembleraient plus importantes que prévu. La veille de la réunion, en effet, on affirmait de source romaine que les modifications demandées, simples conseils de réécriture, ne devaient pas être un obstacle et ouvriraient, d’ici à l’été, la voie à une réintégration de la FSSPX dans l’Église par une prélature personnelle.
Pourtant le 16 mai, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, a fait observer qu'en vertu des nouveaux approfondissements demandés par Rome, il serait « prématuré » de se prononcer sur le temps que prendront les discussions actuellement en cours. Il a constaté que les « divisions » apparues dans la Fraternité Saint-Pie X ont eu un grand écho dans les media, et le communiqué, dit-il « indique clairement que les tractations en vue d’une réconciliation vont se poursuivre, sans préciser à quel niveau ». « Contrairement à ce qui avait été annoncé par certains analystes, a-t-il poursuivi, la question ne devrait pas être réglée à courte échéance. Les organismes chargés du dossier ne semblent pas avoir terminé leur travail ». Il a enfin rappelé que « le dernier mot reviendra au Pape ».
Relevant les fortes dissensions internes à la FSSPX, la Congrégation pour la doctrine de la foi a mis en garde ses trois autres évêques, l’Anglais Richard Williamson, le Français Bernard Tissier de Mallerais et l’Espagnol Alfonso de Galarreta. Ceux-ci avaient en effet fermement critiqué la volonté de Mgr Fellay d’un rapprochement avec Rome. « Compte tenu des positions prises par les trois autres évêques de la Fraternité Saint-Pie-X, leur situation devra être traitée séparément et personnellement », précise la Congrégation. "Cette disjonction met au jour les failles parcourant la FSSPX et justifie la désignation par Rome de Mgr Fellay comme seul interlocuteur", commente Frédéric Mounier dans La Croix.
Lors d’une rencontre avec la presse, à Rome le 16 mai, le cardinal suisse Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a précisé, évoquant les positions négationnistes de Mgr Williamson : « Le pape a toujours été clair : il n’y a pas de place pour le négationnisme dans l’Église catholique. » Et il a confirmé le « rôle central » de la déclaration conciliaire Nostra aetate sur le dialogue judéo-chrétien, récusée par les lefebvristes : « Nous ne pouvons pas être catholiques sans accepter le magistère de Vatican II dans son intégralité. Chaque catholique, de gauche ou de droite, ne peut pas décider de ce qui serait à prendre ou à laisser. »
BL (avec Lcx/zenit/apic)

