La 6e plus lourde empreinte écologique au monde


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La 6e plus lourde empreinte écologique au monde
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Selon le nouveau rapport "Planète vivante" de l'organisation internationale pour la conservation de la planète WWF, la Belgique présente la 6e plus lourde empreinte écologique au monde. Elle se place ainsi juste après le Qatar, le Koweit, les Émirats arabes unis, le Danemark et les États-Unis.

Dans le rapport de 2010, notre pays se plaçait en 4e position, mais d'après Koen Stuyck, porte-parole de WWF, "la Belgique ne s'est pas pour autant améliorée". "C'est juste la méthodologie qui a changé. On a, par exemple, découvert que les océans absorbaient plus de CO2 que pensé et que besoin en forêt était du coup plus relatif. Cela a donc des conséquences sur les chiffres belges."

Concrètement, l'empreinte écologique belge est de 7,1 ha par habitant, alors que l'empreinte moyenne d'un Européen est de 4,7 ha et que la biocapacité moyenne mondiale est de 1,8 ha. Ce qui veut dire que si tout le monde vivait comme nous, il faudrait 4,5 Terres pour répondre aux besoins de tous les habitants de la planète.

Si notre empreinte écologique est aussi élevée, c'est parce que la consommation d'énergie tant dans nos bâtiments et maisons que dans le secteur des transports est supérieure à celle de nos voisins. "La Belgique a également une industrie fort consommatrice d'énergie, entre autres la métallurgie et la chimie", explique Koen Stuyck. "Enfin, notre pays possède une surface bâtie sept fois plus dense que la moyenne mondiale."

Notre planète est très malade

Publié tous les deux ans, ce rapport est comme un check-up de la planète, et les résultats montrent que celle-ci est très malade. L'indice Planète vivante (IPV), qui suit plus de 9.000 populations de plus de 2.600 espèces, indique en effet "un déclin de 30% depuis 1970, les écosystèmes tropicaux étant les plus touchés avec une baisse de 60% en moins de quarante ans", explique WWF, à quelques semaines du sommet de Rio.

Le rapport indique également que 13 millions d'hectares de forêts ont disparu entre 2000 et 2010 et que l'empreinte écologique des pays riches est 5 fois supérieure à celle des pays pauvres. Selon Jim Leape, directeur général de WWF International, le monde "vit comme si nous avions une planète supplémentaire à disposition. Nous utilisons 50% de plus de ressources que la Terre ne peut en produire de manière durable, et si rien ne change d'ici l'an 2030, même deux planètes supplémentaires n'y suffiront pas."

"La demande que nous exerçons sur les ressources naturelles n'est pas soutenable. Si nous nions ce fait, nous nous exposons à des conséquences graves pour l'humanité", alertent les auteurs du rapport.

P. A.

 

À savoir

L'empreinte écologique est un outil inventé au début des années 1990 par Mathis Wackernagel et William Rees, spécialistes en planification, et qui sert à mesurer la pression exercée par l'homme sur la nature, sachant que chaque personne a un impact sur l'environnement par sa façon de vivre. Il permet de contrôler si l'économie humaine, qui puise dans les ressources naturelles, respecte ou non la capacité de régénération de la planète.


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