Affaire Orlandi : le mystère reste entier


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Affaire Orlandi : le mystère reste entier
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

À Rome, l'ouverture de la tombe d'un chef de la mafia romaine n'a pas permis d'élucider l'affaire Emanuela Orlandi, l'un des faits-divers les plus célèbres et médiatiques d'Italie. Cette fille d'un employé du Vatican a mystérieusement disparu, le 22 juin 1983, à l'âge de 15 ans, et n'a jamais été retrouvée.

Cela fait près de 30 ans que les enquêteurs italiens tentent de percer l'une des énigmes les plus célèbres d'Italie: la disparition, en 1983, d'Emmanuelle Orlandi, la fille d'un employé de la Préfecture de la Maison pontificale, âgée de 15 ans. Le mystère risque toutefois de rester entier, puisque l'inspection menée par la police scientifique, le 14 mai dernier, dans la tombe d'un des chefs de la bande mafieuse dite de la Magliana, Enrico De Pedis (1954-1990), n'a rien donné, mettant ainsi fin à des années de spéculation. D'aucuns avançaient en effet que le cercueil du malfaiteur, soupçonné d'être lié à la disparition de la jeune fille, pouvait contenir le corps de cette dernière.

Un seul corps dans la tombe

Le frère d'Emanuela Orlandi se trouvait sur place au moment de l'exhumation, ainsi que les avocats de la famille De Pedis. Il a expliqué à la presse que des échantillons avaient été prélevés pour des analyses complémentaires, mais que le tombeau ne contenait qu'un seul cadavre, celui d'un homme. Il semble, par contre, que les enquêteurs aient retrouvé, à proximité du cercueil, quelque 200 boîtes contenant des restes d'ossements. Ceux-ci feront l'objet d'analyses dans les prochains jours. Le mystère ne fait donc que s'épaissir.

De nombreuses hypothèses

Depuis 1983, de nombreuses hypothèses, mêlant haute criminalité et soupçons de règlements de compte au Vatican, ont circulé à propos de la disparition de l'adolescente. Ainsi, en 2008, la presse italienne a rapporté qu'une ancienne petite amie d'Enrico De Pedis avait affirmé aux procureurs qu'Emanuela avait été enlevée par la bande de la Magliana, sur l'ordre de l'archevêque Paul Marcinkus. Ce prélat américain, aujourd'hui décédé, avait dirigé la banque du Vatican et son nom avait été mêlé à un énorme scandale bancaire de l'Italie des années 80, même s'il a toujours clamé son innocence. À l'époque, le Vatican avait jugé le témoignage de cette femme "extrêmement douteux".

Certains se sont également demandé si la disparition d'Emanuela Orlandi n'avait pas un lien avec la tentative d'assassinat de Jean-Paul II, survenue deux ans plus tôt, et l'incarcération de l'homme qui avait tiré sur le pape, le Turc Mehmet Ali Agça. D'autres, encore, ont tenté d'établir des liens entre cette affaire et l'assassinat du commandant de la Garde suisse Aloïs Estermann, en mai 1998, qui, lui aussi, a défrayé la chronique.

PA (avec Apic et La Croix)


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