Inquisition et fondamentalisme : même combat !


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Inquisition et fondamentalisme : même combat !
P. Charles Delhez
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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P. Charles Delhez

Editorial du P. Charles Delhez, paru dans le "Dimanche Express" n°9 du 6 mars 2011 :

 

 

Que de lettres de nos lecteurs, que d’articles dans les journaux ces temps-ci à propos de la démocratisation des institutions religieuses, de l’Église notamment, et de la liberté de religion – ou de sa relégation dans la sphère privée, ce qui n’est cependant pas la même chose. Le parallèle est souvent fait avec ce qui s’est passé en Tunisie ou en Égypte. Cela se traduit notamment par le débat autour des signes convictionnels dans l’espace public, récemment relancé par le MR, ou encore, en Allemagne, par cette campagne visant à interdire la circoncision des enfants juifs ou musulmans. Aux yeux de certains, les institutions religieuses apparaissent encore trop pesantes dans le paysage social d’aujourd’hui. Que l’on ne naisse pas juif, musulman ou chrétien, mais qu’on le devienne à l’âge adulte!

Sans pour autant être aveugle à certains combats d’arrière-garde, on ne peut qu’être d’accord. La liberté est essentielle dans toute démarche de recherche de la vérité. Or, c’est dans ce champ-là que se situe l’expérience religieuse. Remarquons quand même que nous avons parcouru bien du chemin depuis l’Inquisition, même si certains fondamentalismes voudraient réadopter cette logique sinon ses débordements. N’oublions cependant pas que l’Inquisition n’était pas d’abord un phénomène religieux, mais politique. Depuis Constantin, le pouvoir a cherché à se légitimer par la religion chrétienne – après la païenne – et a demandé à l’Église d’être le ciment d’unité des empires (ce qui fut compromis par la brisure suite à la Réforme protestante). Dès lors, il fallait traquer les hérésies, car les autorités y voyaient un risque de division.

Soyons honnêtes: les institutions religieuses ainsi instrumentalisées y ont trouvé leur plaisir! Mais ce temps-là, dans nos pays, est fini. “Feu la chrétienté”, disait déjà le philosophe Emmanuel Mounier en 1950. Le lien entre État et religion a pris fin. Être Belge, n’est plus être chrétien et on peut être chrétien en Inde. Il est vrai que certains pays résistent à cette logique, punissant encore de mort la conversion. Dans nos régions, cependant, nous quittons manifestement le christianisme sociologique. Mais il faut encore en tirer toutes les conséquences, jusqu’à l’intérieur de l’institution. Aucune période de transition n’est aisée. Elle demande des renoncements et du courage.

Catégorie : L'actu

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