Les débats et votes vont bientôt débuter pour trouver un successeur au pape des coptes, Chenouda III. Au vu de la situation politique de l'Egypte, les enjeux sont très importants rapporte le magazine "Témoignage Chrétien".
Ce sera la "main de Dieu", ou plutôt celle d'un enfant aux yeux bandés, qui va choisir le 118e successeur de saint Marc à la tête de l’Église copte orthodoxe. Ce choix se fera entre trois postulants coptes qui doivent avoir au moins quarante ans, dont quinze vécus dans un monastère. Ces trois candidats seront quant à eux choisis par un collège de 1 500 personnes: les évêques, des prêtres, des personnalités du monde copte et une douzaine de laïcs par diocèse. Les débats et votes pour déterminer ces trois "patriarches potentiels" vont débuter le 25 avril prochain, soit 40 jours après le décès de Chenouda III. Cela peut prendre du temps. En 1971, Chenouda III avait été désigné au bout de sept mois. Davantage cette fois-ci ? Ou au contraire plus rapidement au vu de l'urgence qu'impose la situation politique actuelle de l'Egypte?
L'élection présidentielle est en effet prévue en juin et se pose dès lors la question du rapport entre l’Église et l’État. "Le gouvernement va-t-il continuer à donner son aval pour la nomination du patriarche, ce qui va clairement à l’encontre de la liberté de religion ? se demande Mgr Brizard. Il faut une vraie autonomie de l’Église par rapport au pouvoir. C’est une des conditions pour que les coptes puissent se faire entendre."
Besoin d'un pape diplomate
Dans une Egypte où ils sont minoritaires (entre 6 et 10 % de la population et seulement 1 % des élus du Parlement contre 24 % pour les salafistes) et de plus en plus discriminés, l’avenir est obscur, s’inquiète Ashraf A. Sadek. "C’est pour cela que nous avons besoin d’un pape également diplomate pour nous défendre", explique cet égyptologue à l’université de Limoges, lui-même copte orthodoxe.
De son côté, le père Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’Institut dominicain d’études orientales du Caire, estime que face à un pouvoir massivement islamiste, il va falloir discuter, rencontrer, confronter, notamment avec le parti des Frères musulmans. Selon lui, "Le grand défi de l’Église copte est celui de la citoyenneté. Les chrétiens ne peuvent pas se mettre en retrait par rapport à la société. Il faut qu’ils résistent à la tentative du repli et qu’ils s’impliquent dans tous les domaines."
P.G.

