Depuis hier se déroule à Rome, un séminaire pour les directeurs de communication de l'Église. Plus de 300 communicateurs professionnels, porte-parole, journalistes, sont venus de 44 pays à travers le monde pour cette 8ème édition de séminaire que l'université pontificale de la Sainte-Croix organise à leur intention. Parmi ceux qui portent la communication de l'Eglise, le responsable presse et communication de la conférence épiscopale de Belgique, le P. Tommy Scholtes est accompagné de Jeroen Moens du service de presse de l’Archidiocèse et de Koen Vlaeminck porte-parole de Mgr Van Looy (diocèse de Gand)
Très satisfaits de la rencontre qui ne se terminera que ce soir, nos trois compatriotes se félicitent des échanges variés qu'ils ont pu entretenir, des enseignements du P. Lombardi (photo) et des différents moyens utilisés pour rendre attractive et compréhensible la communication. "En résumé, répond le P. Scholtes, contacté par nos services, on peut dire que ce séminaire se penche sur tout ce qui peut améliorer la communication, et notamment dans des situations difficiles, en l'occurrence en période de crise. C'est pour nous très enrichissant de rencontrer des personnes en charge de la communication dans différentes parties du monde et de voir comment elles réagissent dans tous types de situation. Chacun agit avec des moyens différents. "
L’Eglise vit aujourd’hui une sorte de période « d’apprentissage » dans un monde où il est demandé le respect d’autres vérités et de toute façon pour la vérité des autres. Elle doit donc apprendre de mieux en mieux à pratiquer un « dialogue sans ambigüité et respectueux des parties concernées », a déclaré le président du Conseil pontifical pour les communications sociales, Mgr Claudio Maria Celli, en saluant lundi les participants.
Des personnes et des images
Ce dialogue, a-t-il ajouté, peut en effet « ouvrir de nouvelles portes à la transmission de la foi ». Et, dans ce « supermarché des choix » propre à la culture de notre ère, a-t-il conclu, il est possible, comme l’enseigne le pape Benoît XVI, de transmettre une annonce fidèle, intègre et parfois soufferte, dans la conscience que « nous ne proposons pas un produit commercial mais sommes les témoins d’une Personne, le Christ, dans le monde d’aujourd’hui ».
Pour « surmonter avec succès la plupart des obstacles dus au désintérêt, aux fermetures idéologiques, préjugés, stéréotypes ou simplifications », les institutions et organisations de l’Eglise doivent apprendre à pratiquer une « communication non seulement vraie mais efficace », a déclaré pour sa part le prof. Armando Fumagalli, de l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan en inaugurant les travaux du séminaire.
Dans un monde où la communication professionnelle connaît des « techniques toujours plus sophistiquées et attrayantes qui tendent à miser sur l’émotion, l’empathie, le choix de mots fortement connotés, l’invention d’images », a-t-il expliqué, les institutions de l’Église a souvent reposé « une confiance totale en la capacité de la raison à parvenir toute seule à s’ouvrir aux contenus de la communication », mais souvent « les conditions idéales ne correspondent aux situations réelles ».
Raconter une histoire
Une des propositions par le professeur est d’avoir recours au « storytelling » (raconter une histoire) en le transformant professionnellement de manière à ce que « les récits déclenchent des émotions, la reconnaissance d’analogies avec les vies des auditeurs, empathie ». Evidemment, a-t-il précis, « communiquer en se servant des histoires ne signifie pas transformer la vérité en mensonge, ou embellir dans le sens de manipuler la vérité, mais signifie « réussir à surmonter, dans beaucoup de cas, les barrières du désintérêt, de la froideur, du préjugé ». Ainsi, pour nous ouvrir à la liberté, a-t-il conclu, « nous avons besoin que l’émotion, l’empathie, suscite de l’intérêt pour la vérité même ».
La force des témoignages
Autres conseils donnés aux professionnels de la communication dans l’Eglise : « Mettre à disposition du public de bons témoignages en utilisant les réseaux de l’audiovisuel. »
Le prof. Jorge Milán, de l’université pontificale de la Sainte-Croix, est intervenu sur le thème : « L’Eglise sur les écrans : offrir des visages et des témoignages » : il a fourni aux directeurs de la communication des indications sur la manière de mieux capter l’attention du public. « Il faut d’abord avoir conscience que l’on ne travaille pas avec des personnages mais avec des personnes réelles », a-t-il dit, et croire, même si cela peut paraître parfois périlleux, en « leur esprit créatif, leur spontanéité, liberté et droit à se mettre au premier rang et représenter l’Eglise, au risque même de se tromper ».
BL (avec Zenit)


