Il ne fait pas bon être chrétien au Soudan. Deux prêtres y ont été enlevés durant deux semaines et les régions frontalières des deux pays qui se sont séparés l’an dernier sont très instables.
"Les religieux encourent de gros risques au Soudan, car certains assimilent l’Église à un allié du Sud" a déclaré un des prêtres catholiques enlevés. "Ils nous ont enlevés après que nous avions dénoncé pendant la messe du dimanche l’assassinat d’un jeune de la paroisse de Rabak par des rebelles", raconte le Père Sylvester. Cette accusation était intolérable pour le commandant de cette milice dont les hommes opèrent des deux côtés de la frontière des deux Soudans.
Les deux prêtres se trouvent actuellement à Khartoum où ils attendent la décision de l’archidiocèse sur leur prochaine destination. "Bien sûr, j’ai peur de revenir à Rabak, mais je sais qu’il reste encore beaucoup de travail à y faire", explique le prêtre qui pense notamment aux centaines de milliers de Sud-Soudanais qui, en vertu des dernières dispositions prises par Khartoum, pourront être expulsés à partir du 1er avril s’ils ne détiennent pas un permis de séjour en règle. La nationalité constitue l’une des nombreuses questions non résolues entre le Soudan et le Soudan du Sud qui a accédé à l’indépendance en 2011.
Apic/Misna/SB

