Le 16 février 2012, au dernier jour de leur rencontre, le pape a reçu les 80 participants du symposium des évêques d’Afrique et d’Europe réunis à Rome depuis le 13 février 2012. Benoît XVI a rappelé dans le message qu'il leur adressait les défis difficiles auxquels l'Eglise doit faire face.
Au terme de trois jours de réflexion menée par des représentants du Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE) et du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) sur le thème de l’évangélisation, Benoît XVI a rappelé que les défis auxquels se trouve aujourd’hui confrontée l’Eglise sur les deux continents étaient difficiles. En cinq points le pape a livré sa pensée à travers dans un message intercontinental : indifférence religieuse et hostilité à la foi chrétienne dans un monde sécularisé, émergence de l'hédonisme, la famille comme ciment de notre société, fausses cultures et culture nourrie à la foi chrétienne et enfin la responsabilité particulière des évêques telle qu'exprimée dans son exhortation apostolique Africae Munus.
Le pape a dénoncé "l’indifférence religieuse, qui conduit de nombreuses personnes à vivre comme si Dieu n’était pas là et à se contenter d’une religiosité approximative". Il a montré du doigt l’incapacité de "se mesurer à la question de la vérité et le devoir de cohérence". "Aujourd’hui, surtout en Europe, mais aussi dans quelques endroits en Afrique, on sent le poids d’un milieu sécularisé, et souvent hostile à la foi chrétienne".
Benoît XVI a également regretté la présence dans la société de "l’hédonisme, qui a contribué à faire pénétrer la crise des valeurs dans la vie quotidienne, dans la structure de la famille". Il a évoqué la diffusion de "phénomènes tels que la pornographie et la prostitution comme le symptôme d’une situation de grave malaise social".
À nouveau, Benoît XVI insiste sur « la famille », comme « garantie la plus solide pour le renouvellement de la société ». Parce que c’est en son sein que chacun s’habitue aux « usages, traditions, coutumes, rites imprégnés de la foi, offrant ainsi le terrain le plus adapté à l’éclosion des vocations ». Face à « la mentalité consumériste contemporaine », le pape appelle les pasteurs à accorder une attention particulière à la promotion des vocations et au soin envers les familles, « pour que leur chemin ne soit pas marqué d’incertitude et d’obscurité ».
Le quatrième point d’attention du pape porte sur la culture. Certes, « l’Église respecte toute recherche de la vérité, parce que toute vérité vient de Dieu », mais l’Église « sait que le regard de la foi fixé sur le Christ ouvre l’esprit et le cœur de l’homme à la Vérité première, qui est Dieu ». D’où cette opposition : « La culture nourrie de la foi porte à la véritable humanisation, tandis que les fausses cultures finissent par conduire à la déshumanisation, dont nous avons de tristes exemples en Europe et en Afrique. »
Enfin, comme Benoît XVI l'avait exprimé dans Africae Munus, son exhortation apostolique consécutive au synode pour l’Afrique de 2009, et ainsi que l’a rappelé, durant le colloque, le futur cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le pape a attiré l’attention des évêques sur leur « responsabilité particulière » : « Votre sainteté personnelle doit resplendir au bénéfice de ceux qui vous sont confiés et que vous devez servir ».
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