Un nouveau départ


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Un nouveau départ
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

L'éditorial du P. Charles Delhez, paru dans le "Dimanche Express" n°3 du 22 janvier :

"Nous demandons pardon." Voilà une phrase attendue depuis longtemps. Une demande de pardon non seulement pour les injustices dont se sont rendus coupables certains de ses membres, mais aussi pour certains responsables qui "n'ont pas réagi suffisamment dans le passé pour dépister les abus et y remédier". Après des mois de galère, l'Église s’en sort haut la tête avec un document lucide et courageux à propos des abus sexuels en son sein: "Une souffrance cachée". Travail remarquable des experts et des évêques. Elle ne se considère plus comme une société à part, mais comme une communauté de citoyens relevant comme les autres de la loi commune, sans secret ni traitement préférentiel. "C'est d'abord à la justice de faire son travail", peut-on notamment lire dans ces pages.

Aurait-on, en quelques mois, changé d'époque? De la défensive, la hiérarchie catholique est en effet passée à la collaboration et même à la "pro-activité". Elle se tourne désormais vers l'avenir et ouvre une voie de justice et de générosité. Il sera même donné suite aux dossiers prescrits. Ainsi que nous le souhaitions au début de cette tempête, l’Église pourra donc servir de modèle à bien d'autres institutions touchées par ces maux.

Parmi bien des éléments intéressants, on remarquera la juste place de la spiritualité. Cette dimension, essentielle à l'être humain, qui donne sens à la vie, ne résout pas tous les problèmes, ce que l'on avait parfois tendance à croire. Prie, et cela ira mieux! L'Église fait ici clairement appel à d'autres disciplines, notamment la psychologie. "Le développement d'une sexualité saine exige plus qu'une spiritualité ou une simple ascèse." À vouloir être trop vite angélique, on n'en oublie notre condition humaine, souvent ambiguë et complexe. "On demande désormais de veiller davantage à une saine interaction entre le spirituel et l’humain, entre le service des autres et celui de soi-même…"

Le document des évêques rappelle également que la spiritualité peut-être aussi un lieu dangereux, surtout quand l'expertise donne une position dominante. "Dans un contexte ecclésial, on risque de spiritualiser le pouvoir. L'abus de pouvoir est alors camouflé derrière des considérations ou des visées religieuses", n'hésitent pas à dire les signataires du document.

Tout n'est bien sûr pas résolu, mais le discours a changé. C'est un nouveau départ.


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