Pour sa campagne de l'Avent, Action Vivre Ensemble se penche sur les situations de pauvreté vécues par les enfants de 0 à 12 ans. Dès leur naissance, et même déjà dans le ventre de leur mère, les enfants sont confrontés aux inégalités sociales. Pour certains, les portes sont grandes ouvertes devant eux; pour d'autres, elles sont verrouillées à double tour. Alors, soyons pour tous ceux-là des ouvreurs de porte. Avec la famille, les enseignants, les éducateurs, les mouvements associatifs, donnons-leur une chance d'oser réaliser leurs rêves: "Quand je serai grand,…"
Et comme la pauvreté vécue par un enfant a de multiples facettes et de multiples conséquences sur sa vie présente et future, Action Vivre Ensemble s'est concentré sur trois étapes déterminantes du développement de l'enfant qui sont son enfance, son passage à l'école et ses moments de loisirs.
Dès la petite enfance
C’est durant cette première période de la vie que se posent les bases de la construction du futur adulte, c'est-à-dire l'acquisition du langage, la confiance en soi et les relations aux autres. Les retards pris lors de cette période déterminante peuvent entraîner des handicaps pour la vie future de l'enfant. La vigilance est également de mise afin que ces handicaps ne se transmettent pas de génération en génération. Les enfants qui ne parlent pas le français à la maison, par exemple, n’entameront pas leur scolarité avec les mêmes chances que les autres. À la crèche ou chez la gardienne, l’enfant bénéficie d’une première socialisation; comment faire face alors au manque de places d’accueil pour les tout-petits? Heureusement, des associations, proches des familles, mènent un travail quotidien d’accompagnement social ou médical, de création de liens sociaux, de renforcement de la confiance en soi et des compétences des mamans. Un exemple d'ouvreur de portes? Le "Bébé Bus". Il propose une halte-garderie itinérante conçue pour des publics qui n’ont pas accès aux milieux de garde traditionnels.
À l'école
L'école est gratuite et obligatoire. Elle évalue les enfants de façon uniformisée. Peut-on affirmer dès lors que les enfants ne seront pas confrontés aux inégalités sociales durant leur cursus scolaire? Que nenni. La pédagogie n’est généralement pas adaptée à une diversité de milieux sociaux et culturels: la façon d’enseigner correspond à la culture de la classe moyenne, qui valorise le travail intellectuel et individuel, la compétition, l’évaluation chiffrée,… Résultat: les enfants de familles pauvres se sentent tiraillés, ils ont honte de leur culture familiale si différente de ce qu’ils vivent à l’école. Alors, prendre simplement du temps pour dialoguer avec les parents peut déjà aider à ouvrir des portes et combler le fossé entre familles et école. Cela peut passer par l’apprentissage du français pour les mamans non francophones. Cela se fait, notamment, à l’association "Welkom Babbelkot" à Bruxelles.
Durant les loisirs
Entre l’école, les devoirs, les soucis vécus en famille, les enfants ont besoin de voir autre chose, de s’ouvrir au monde qui les entoure. Or, pour bon nombre d'entre eux, les loisirs se résument à jouer sur une console ou au foot en bas de l’immeuble. Pourtant, d'autres loisirs permettent de se découvrir des compétences et renforcent la confiance en soi. Des vacances organisées par ATD Quart monde, les mouvements de jeunesse, ou certains types de jeux, sont des pauses constructives et essentielles dans le quotidien quand celui-ci est une lutte permanente.
Entre portes ouvertes et portes fermées, Action Vivre Ensemble et son combat contre la pauvreté des enfants est, on l'a bien compris, un combat contre la pauvreté "tout court". Restent les "portes à ouvrir", les pistes d’action auxquelles nous invite à participer Action Vivre Ensemble durant sa campagne d'Avent.
Sylviane BIGARÉ
Les collectes affectées aux projets d'Action Vivre Ensemble auront lieu le week-end des 10 et 11 décembre dans toutes les églises de Wallonie et de Bruxelles. Plus d'infos sur: www.entraide.be
Ecoutez Hanane Agezal, elle est responsable de l'espace ludothèque Walalou dans un des quartiers les plus défavorisés de Bruxelles, Cureghem. A Walalou, on y joue, mais pas seulement. Cette ludothèque très particulière se veut espace d'insertion et de développement. Walalou est un des projets soutenus par Action Vivre Ensemble. www.walalou.be

