L’Église nicaraguayenne, peu convaincue par les explications officielles sur cet assassinat, exige à nouveau de la police et du ministère public de connaître "la vérité" sur ce qui s’est vraiment passé. Elle estime que l’enquête a montré des "déficiences et des incongruités". Yazker Blandon, l’auteur présumé du meurtre, a été condamné à 30 ans de prison, mais pour l’Église, l’affaire n’est pas terminée. Selon Gonzalo Carrion, directeur du secteur juridique du Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh), il existe en effet de nombreuses preuves que plus d’une personne a participé à ce crime.
Les catholiques invités à s’engager au risque de leur vie
"Nous continuerons à dénoncer l’injustice, la corruption et la violence bien que cela puisse nous coûter la vie", a déclaré Mgr Silvio Baez, évêque auxiliaire de Managua. "Nous devons considérer sérieusement le fait d’être disciples et suivre Jésus dans la voie de la fidélité à notre foi, même au risque de notre vie."
Le harcèlement et les menaces de mort dont sont victimes certains prêtres ont tendance à se multiplier à l'approche des élections législatives et présidentielles du 6 novembre. Le 10 octobre dernier, le président Daniel Ortega, qui a présenté sa candidature en violation de l’article 147 de la Constitution, a appelé les évêques nicaraguayens à "semer la réconciliation, l’amour et la paix", accusant "un petit nombre" de diffuser un message de "haine et d’affrontement". (CtB/La Croix/PA)


