L'archevêque de Fribourg-en-Brisgau, Mgr Robert Zollitsch, a saisi un sujet ecclésial brûlant quelques jours avant la visite du pape en Allemagne. Son intervention en faveur des divorcés remariés a suscité des réactions d’approbation, mais a aussi fait souffler un vent contraire. Dans une interview diffusée dans le journal "Zeit", le président de la Conférence épiscopale allemande a déclaré espérer que l'Eglise progresse encore de son vivant dans un domaine très controversé depuis plusieurs décennies : la relation avec les divorcés remariés.
L’archevêque, âgé de 73 ans, explique son point de vue en prenant pour exemple le président de la République fédérale allemande, le démocrate-chrétien Christian Wulf. Ce catholique, divorcé civilement, s'est ensuite remarié. Selon les règles en vigueur dans l'Eglise catholique, il est exclu de la communion, car, d'après le droit canonique, son premier mariage n'est pas dissous. Mgr Zollitsch estime néanmoins que le président Wulf est "un catholique, qui vit sa foi et souffre de la situation". L'archevêque de Freiburg estime que "C'est une question de miséricorde, et nous allons prochainement en parler intensivement".
Le nonce apostolique en Allemagne, le suisse Jean-Claude Perisset, voit les choses différemment. "La position de l'Eglise est claire et il ne faut pas miser sur un changement", a-t-il affirmé le 2 septembre à Berlin. Mgr Périsset a toutefois précisé que la non participation à la communion ne signifie nullement une exclusion de l'Eglise. "La miséricorde de Dieu connaît une diversité de chemins", a-t-il expliqué. Mgr Périsset a également rappelé qu'il existe, dans certains cas, la nullité de mariage.
Le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, ne rejoint pas non plus la position de son confrère Zollitsch. Ce dernier s’est exprimé en tant qu'archevêque de Freiburg et non comme président de la Conférence épiscopale allemande, a souligné le cardinal Meisner, qui a réaffirmé que l'Eglise ne peut remettre en question l'indissolubilité du mariage, une position qui est d’ailleurs également partagée par Mgr Zollitsch.
Les propos de l’archevêque de Freiburg sont soutenus par certains canonistes et théologiens moralistes. Le juriste canoniste émérite de Münster Klaus Lüdicke a souligné qu'en Allemagne l'usage est de ne pas refuser la communion aux fidèles remariés. Et que l'Eglise devrait officiellement l'accepter. Le théologien moraliste Eberhard Schockenhoff, de Freiburg, a souligné que Mgr Zollitsch n'avait pas remis en question l'indissolubilité du mariage, mais qu'il voulait trouver un chemin de miséricorde dans le rapport avec les personnes dont le mariage est raté. En ce sens, l'eucharistie n'est pas qu'une reconnaissance pour un comportement exemplaire, elle a également une force réparatrice, a-t-il affirmé.
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