Le 2 août dernier, une voiture piégée a explosé devant l'église syrienne-catholique de la Sainte-Famille à Kirkouk, en Irak, faisant 23 blessés, parmi lesquels le curé de la paroisse, mais aussi des femmes et des enfants, chrétiens et musulmans confondus. L’archevêque du lieu s’interroge sur l’éventuel message politique de l’attaque.
Interrogé par Radio Vatican quelques heures après l’attentat, l’archevêque de Kirkouk, Mgr Louis Sako, n’a pas caché son étonnement devant cette attaque, s’interrogeant sur les motivations de ses auteurs, et souhaitant qu’il s’agisse de "leur dernier acte de violence". "Le mois de Ramadan est un mois de prière, de jeûne et pour faire le bien, on ne comprend pas ce qu’ils veulent", a-t-il déclaré. "S’ils ont des requêtes ou des droits à revendiquer, il existe d’autres moyens, il y a d’autres moyens que les bombes et les explosions."
Deux autres voitures piégées
Apparemment, il s'agissait d'une attaque concertée ciblant au même moment plusieurs édifices chrétiens, puisque deux autres voitures piégées ont été repérées et désamorcées par les forces de l’ordre à proximité de sites chrétiens, l’une à moins de deux kilomètres, près de l’église Saint-Georges, et la seconde près d’une école. Le Conseil provincial de Kirkuk, qualifiant ces attentats coordonnés de "nouvelle page noire", les a mis sur le compte des groupes fondamentalistes. Il a appelé la population de la ville à rester unie face à ces "complots".
Kirkouk compte près de 600.000 habitants dont 10.000 chrétiens (50.000 avant la chute du régime de Saddam Hussein). En octobre 2010, la cathédrale syriaque de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours de Bagdad avait été la cible d'un commando armé en pleine messe. Les forces de l'ordre avaient donné l'assaut à l'église et on avait dénombré 52 morts au total. Depuis cette attaque, les autorités irakiennes ont renforcé le dispositif de sécurité aux abords des églises. (CtB/Apic/PA)
