En réponse à une motion accusant l'Église catholique d'avoir couvert des exactions à caractère sexuel commises sur des enfants, la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a choisi de rappeler "pour consultations" le nonce apostolique à Dublin, Mgr Giuseppe Leanza. "Une mesure inhabituelle pour la diplomatie vaticane", a souligné le porte-parole adjoint du Vatican, le P. Ciro Benedettini.
Dans un communiqué du 25 juillet, le Bureau de presse du Saint-Siège indique que ce rappel inhabituel fait suite à la publication d’un rapport sur des cas de pédophilie dans le diocèse de Cloyne, ainsi qu’aux réactions des politiciens irlandais. Le 20 juillet, le Premier ministre Enda Kenny irlandais a effectivement dénoncé les "dysfonctionnement, la déconnection, l’élitisme et le narcissisme qui dominent la culture du Vatican". Il a également lancé de graves accusations contre le Saint-Siège qui aurait, selon lui, "tenté de bloquer une enquête en cours dans un Etat souverain, démocratique et républicain", soutenant que cela s’était produit "il y a 3 ans et pas 30". Il est même allé jusqu’à affirmer que "le viol et la torture des enfants avaient été minimisés pour soutenir le primat des institutions, leur pouvoir et leur réputation".
Le gouvernement irlandais a également annoncé son intention de proposer un projet de loi prévoyant des peines de cinq ans d'emprisonnement pour les ecclésiastiques qui passeraient désormais sous silence des actes pédophiles qu'ils auraient appris, même lors d'une confession. Ce qui est bien sûr inacceptable pour Rome.
Des réactions jugées "excessives" par le Bureau de presse du Saint-Siège, qui a fait savoir que le nonce apostolique participera, avec la Secrétairerie d’Etat et les dicastères concernés, à la préparation d’une réponse officielle au rapport "Cloyne".

