Le 1er juin dernier, le Parquet de Rome a levé tout soupçon de blanchiment d’argent sale l’Institut pour les œuvres de religion (IOR). Un dépôt auprès de deux banques italiennes de 23 millions d’euros appartenant à la "Banque du Vatican" avait été bloqué en octobre 2010 dans le cadre d’une enquête menée par la justice italienne. Il vient d'être dégelé.
En octobre 2010, le Vatican avait appris “avec étonnement“ la mise sous séquestre par la justice italienne, à titre préventif, d’un dépôt de 23 millions d’euros effectué par l'Institut des Œuvres de religion (IOR) auprès des banques italiennes Credito Artigiano et Banca del Fucino. Paolo Cipriani, directeur général de la "Banque du Vatican", et Ettore Gotti Tedeschi, président du IOR, étaient soupçonnés de ne pas avoir respecté une clause d’une législation italienne anti-blanchiment de 2007 rendant obligatoire la mention du mandataire de toute opération financière, ainsi que son but et sa nature.
Le procureur adjoint de Rome, Nello Rossi, et le juge Stefano Rocco Fava ont finalement révoqué le gel de ce dépôt de 23 millions d’euros. Une décision motivée par l'adoption fin 2010-début 2011 par le Vatican d'une nouvelle législation pour la prévention et la lutte contre le blanchiment de fonds provenant d'activités criminelles, ainsi que par la mise en place, en décembre dernier, d'une Autorité d'information financière (AIF) fonctionnant sur la base d'un échange avec les autorités italiennes d'information en matière d'opérations suspectes. En outre, depuis avril, les règles vaticanes prévoient jusqu'à 12 ans de prison pour blanchiment et jusqu'à 15 ans pour le financement du terrorisme.
Selon le parquet, la collaboration entre l'AIF et l'UIF, son homologue italien, a déjà commencé, le Vatican ayant instauré un régime juridique permettant d'éviter la répétition de comportements de l'IOR pouvant être considérés comme cherchant à cacher des malversations.
L'Institut pour les œuvres de religion, fondé le 27 juin 1942 par le pape Pie XII, gère les comptes des ordres religieux et des associations catholiques. Le patrimoine de ses clients est évalué à cinq milliards de dollars. (CtB/Apic/PA)

