G8 : les recommandations des leaders religieux


Partager
G8 : les recommandations des leaders religieux
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Un sommet des "religions pour la paix" s'est réuni à Bordeaux les 23 et 24 mai, quelques jours avant le G8 de Deauville. Les participants ont notamment appelé les chefs d'État et de gouvernement des pays développés à la mise en œuvre d'une plus grande justice sociale

Durant ce sommet des "religions pour la paix", les participants, venus des différents pays du G8 et représentant la grande diversité des familles religieuses, ont pu réfléchir aux principaux enjeux de notre temps: économiques, financiers, politiques et environnementaux. Maître d’œuvre de cette rencontre, le métropolite Emmanuel a su, dans le respect des différentes traditions religieuses présentes, faire émerger un consensus fort sur la nécessité d’une participation des responsables religieux du monde à une réflexion globale. Les religions n’ont pas pouvoir de décision, a-t-il reconnu, "mais nous pouvons donner notre avis".

Dans la déclaration commune publiée et communiquée aux autorités françaises, les participants commencent par s'interroger sur la légitimité et, par conséquent, sur l'efficacité de rassemblements tels que le G8 et le G20. "Ces réunions doivent apporter un complément à l'Assemblée générale des Nations Unies et aux autres processus onusiens, plutôt que de les saper", insistent-ils. Des mesures doivent donc être prises, selon eux, "pour accélérer l'intégration formelle du G8 et du G20 dans le cadre du système des Nations Unies".

Ces réunions doivent également ouvrir leurs portes aux pays à faible revenu et tout au moins fournir un siège permanent à l'Union africaine, à l'Amérique latine, ainsi qu'aux organismes régionaux d'Asie. Cela permettrait en effet d'avoir "une meilleure compréhension de nombre de questions difficiles". Enfin, précisent-ils, le fonctionnement du G8 et du G20 doit être rendu "plus transparent de sorte que la société civile et les organismes religieux puissent prendre part à leur travail, influencer leurs décisions et s'assurer que les engagements soient bien pris et tenus".

Eviter de nouvelles crises

Concernant la situation macro-économique, les leaders religieux estiment qu'il est urgent et indispensable d'établir "un solide cadre réglementaire afin de prévenir de futures crises financières et de protéger les personnes les plus vulnérables". En effet, expliquent-ils, "la crise a mis en lumière le fait que des marchés sans régulation ne sont pas nécessairement efficaces, stables ou capables d'autorégulation".

À propos du changement climatique, qui reste selon eux "une menace imminente primordiale pour la sécurité actuelle et future, ainsi que pour la prospérité du monde", les signataires de la déclaration finale invitent les pays du G8 à "prendre rapidement des mesures qui assurent des investissements à faible production carbonique et remettent la planète sur la voie de la diminution de la concentration en CO2 dans l'atmosphère". Et cela, d'autant plus qu'ils sont responsables à eux seuls d'environ 80% de l'émission mondiale des gaz à effet de serre. Le problème, soulèvent-ils, c'est que les dirigeants du monde ne sont pas encore parvenus à un consensus sur les implications des énormes changements déjà survenus sur notre planète.

Protéger les plus vulnérables

Enfin, les leaders religieux demandent aux gouvernements des pays développés d'honorer leur promesse de consacrer 0,7% de leur PIB au développement, d'ouvrir leur marché de manière unilatérale aux pays émergents, d'augmenter les investissements mondiaux en faveur de la paix, d'utiliser "le dialogue et tout autre moyen non violent pour empêcher le terrorisme et résoudre les conflits", et de "protéger la dignité de ceux qui sont privés des droits humains fondamentaux, parmi lesquels la liberté religieuse". S'ils insistent sur ce point, c'est parce que "le pluralisme n'est pas seulement un atout ou une condition préalable au progrès matériel, il est une composante essentielle de la paix, de la sécurité et du développement humain". "La tolérance, l'ouverture et la compréhension de la culture des autres peuples sont essentielles à la survie d'une monde interdépendant", ajoutent-ils. (CtB/PA)

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie