Science et foi: Impossible dialogue?


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Science et foi: Impossible dialogue?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Ils ne se sont pas vraiment rencontrés, mais était-ce possible ? Ce mardi 5 avril, Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, et le professeur de physique Jean Bricmont, de l’UCL, se livraient à une conférence-débat organisée à Louvain-la-Neuve par l’Institut Sophia de Bruxelles avec l’aide du Kot L’Amandier. “Concilier la science et la foi : est-ce raisonnable ?” Impressions.

Le professeur Bricmont, qui se présente volontiers comme athée et matérialiste, a été invité par le professeur Michel Ghins, modérateur du débat, à parler le premier. “J’écarte d’emblée tous les arguments subjectivistes du genre Nietzsche ou Pascal”, a-t-il annoncé. Son prisme ne sera que scientifique. “Si on adopte une attitude scientifique par rapport à la foi, tout s’effondre.” Et d’illustrer cette thèse par une quantité de contradictions ou d’impossibilités scientifiques à propos de l’âme, de l’au-delà, de la lecture de la Bible, des doctrines théologiques… Il a reconnu que le christianisme avait évolué, devenant métaphysique après avoir été superstitieux. Mais manifestement, la métaphysique ne le convainc pas davantage.

Face à lui, un Mgr Léonard tout métaphysicien, essayant de montrer que le réel – “Pourquoi y a-t-il quelque chose et non pas rien ?” – est plus complexe que ce qu’en laisse apparaître la science. Ainsi lorsqu’on énonce que 3 x 7 = 21, il y a des sons émis (phénomène physique), mais il y a aussi une réflexion (du sens) et, enfin, une vérité mathématique universelle qui échappe au sujet. Dialoguant avec quelques grands scientifiques, Mgr Léonard a voulu monter qu’il y avait d’autres dimensions et que les sciences reconnaissaient elles-mêmes qu’elles n’épuisaient pas tout le réel, que déjà dans leur propre champ, il y avait des dimensions qui lui échappaient. “Il y a sans doute plusieurs lectures possibles du réel.” Et l’archevêque de repérer aussi une quête unificatrice à l’intérieur même de la démarche scientifique.

Le débat qui s’en est suivi n’a fait que révéler l’impossibilité pour ces deux approches de se rencontrer vraiment. Si Mgr Léonard a plaidé pour une complémentarité, un enrichissement mutuel, le professeur Bricmont, insistant sur le pluriel à mettre au mot religion, a persisté dans son scepticisme par rapport à toute démarche religieuse. Faut-il en conclure que science et foi ne peuvent se rencontrer ? Pas nécessairement. Mais ce soir-là, on a pu mesurer le fossé qui peut parfois les séparer.

Charles DELHEZ

  • Écoutez l'interview de Mgr Léonard à la sortie du débat ci-dessous (CD)


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