Les suites de l’affaire Terry Jones


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Les suites de l’affaire Terry Jones
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Le pasteur qui a "supervisé" l'autodafé d'un exemplaire du coran est aujourd'hui l'objet d'une protection policière rapprochée, tandis que 20 chrétiens innocents ont déjà péri…
Le président de la Conférence des évêques pakistanais et archevêque de Lahore, Mgr Lawrence Saldanha, demande l'arrestation du pasteur extrémiste "au vu des effets de son action à travers le monde".

Pour rappel, le 20 mars dernier, Terry Jones avait jugé le coran coupable "de crime contre l'humanité et de promouvoir des actes de terrorisme contre des personnes dont le seul crime était de ne pas partager la foi islamique". Il a ensuite présidé à l'immolation d'un exemplaire du livre saint par son assistant, le révérend Wayne Sapp. La scène, diffusée sur YouTube, a provoqué l'ire de nombreux musulmans à travers le monde, et particulièrement en Asie.
Une vingtaine de personnes a ainsi été victime de la vague de colère déclenchée par le "coup d’éclat" du pasteur, sur lequel pèse désormais une "fatwa"; l'assassinat de ce dernier rapportant 100 millions de roupies (830.000 euros) à son auteur… Et pas moins de 300 menaces de mort ont été proférées à son encontre. En Afghanistan, sept employés de l'ONU ont trouvé la mort le 1er avril lors de l'attaque d'une base de l'organisation dans la ville de Mazar-e-Sharif, tandis que des manifestations réunissant près de 1.000 personnes se sont poursuivies dans la ville de Kaboul, le 5 avril.
La fondation "Masihi", celle-là même qui défend Asia Bibi, la jeune pakistanaise condamnée à mort pour blasphème, est contrainte de cacher des familles de chrétiens, menacés à cause de leur appartenance religieuse.

A Rome, le pakistanais Paul Bhatti a salué le pape Benoît XVI au terme de l'audience générale de 6 avril 2011. Le frère de Shabbaz Bhatti, ministre catholique en charge des minorités assassiné par des extrémistes musulmans le 2 mars dernier, était accompagné par Mgr Joseph Coutts, évêque de Faisalabad, et de Syed Muhammad Abudl Khabir Azad, grand imam de la mosquée Badshahi de Lahore. Interrogé la veille par Radio Vatican en marge d'une conférence organisée à Rome par la communauté de Sant'Egidio, Paul Bhatti a fait part du défi majeur : "la discrimination religieuse, qui augmente de jour en jour, non pas parce que les fidèles ne peuvent pas vivre ensemble mais parce qu'il y a une campagne de haine créée par une base terroriste qui continue à utiliser la religion".
Si Paul Bhatti reconnaît avoir pardonné aux assassins de son frère, il entend néanmoins retrouver les auteurs de cet acte, par ailleurs fermement condamné par les évêques du Pakistan, qui le qualifient de "pure folie".

apic/zenit/at


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