Caritas en Côte d’Ivoire


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Caritas en Côte d’Ivoire
Caritas Côte d'Ivoire
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Caritas Côte d'Ivoire

"Un pays à réconcilier", c'est en ces termes que Jean Djoman parle de la Côte d'Ivoire où il dirige le département développement de Caritas. Au lendemain de l’arrestation de l'ancien président Laurent Gbagbo, le coordinateur de l’aide humanitaire, a donné une interview pour l’agence missionnaire MISNA.

"Depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo, les gens se partagent en deux catégories : d’un côté, les partisans du président sortant, qui représentent 45% des Ivoiriens qui ont voté pour lui en novembre, et de l’autre, ceux qui attendaient depuis plus de quatre mois l’investiture à la présidence d’Alassane Ouattara". Jean Djoman n'est pas rassuré: "Même si les gens recommencent à sortir de chez eux, après de longues journées d’isolement forcé, l’atmosphère est encore tendue en raison de l’insécurité qui persiste dans certains quartiers d’Abidjan".

Le passage de pouvoir

Moment délicat, voire dangereux en ce qui concerne la Côte d'Ivoire, qu'est le passage de pouvoir. Reconstruction, réconciliation et justice, 3 mots pour commencer à envisager un avenir serein pour ce pays d'Afrique, mais les inquiétudes restent vives: l'économie, paralysée depuis longtemps, mettra du temps avant de redémarrer. Les questions judiciaires se posent: quelles charges vont être retenues contre Gbagbo? Quel tribunal va le juger? Enfin, de grands défis attendent le nouveau président, notamment un défi politique: "Il va devoir négocier non seulement avec l’opposition mais aussi avec la société civile pour faire redémarrer les institutions, explique Jean Djoman. Un autre enjeu fondamental réside dans le désarmement des nombreuses milices présentes sur le territoire, c'est ainsi que l’on pourra rétablir la sécurité et redonner confiance aux Ivoiriens et à leurs milliers de compatriotes réfugiés dans les pays limitrophes. Ouattara devra également faire face à la question de l’armée, qui connaît depuis longtemps de profondes divisions internes qui l’affaiblissent. Or, nous avons besoin d’une véritable armée nationale."

L'urgence humanitaire

Dans l’immédiat, la Côte d’Ivoire doit faire face à l’urgence humanitaire, face à la pénurie et aux risques d’épidémies. D’après les dernières estimations de Caritas, la seule agglomération d’Abidjan a besoin de 770.000 euros d’aides urgentes. Jean Djoman explique: "Il faut instaurer des corridors humanitaires pour permettre aux coopérants d’entrer à Abidjan, qui est restée isolée treize jours durant, sans eau, ni électricité, ni médicaments, ni vivres. Je pense que nous aurons bientôt à faire à une crise alimentaire et sanitaire. Il faut immédiatement envoyer des médicaments, des vivres et des produits de base. Malheureusement, la saison des pluies a déjà commencé et des tonnes de déchets sont déjà amoncelés dans les rues d’Abidjan, ce qui pourrait contribuer à la diffusion d’épidémies de choléra ou autres. Sans compter les milliers de réfugiés au Libéria, où se trouvent plus de 130.000 Ivoiriens, au Ghana, au Mali, au Burkina Faso et en Guinée. Eux aussi se heurteront bientôt à une grave crise humanitaire dans des contextes encore plus instables."

Répondre à l’urgence humanitaire, rétablir la sécurité en dans le pays et faire redémarrer les institutions, de cruciaux challenges pour le président ivoirien Alasanne Ouattara.

APIC/SB

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