Temps de prière, discussions passionnées et rencontres, c'est le menu des jeunes et moins jeunes rassemblés à Taizé cette semaine pour construire un monde plus juste.
A mi-chemin du rassemblement "pour une nouvelle solidarité" à Taizé, nous avons recueilli le témoignage de l'un des 4.000 participants. Un Taizéen de la première heure qui n'est, certes pas, dans la moyenne d'âge des milliers de jeunes qui sont venus en Bourgogne. Jacques Defourny qui travaille comme professeur d'économie à l'université de Liège, rencontre régulièrement les frères de Taizé avec qui il parle d'économie solidaire. Pour cette raison, il a été invité à animer un atelier mardi 11 août après-midi pour montrer comment les nouveaux entrepreneurs sociaux pouvaient développer un autre modèle de société. "Bien sûr, on pense au système de micro-crédit initié par le professeur Muhammad Yunnus. Mais on peut aussi citer les Petits riens en Belgique…" Des exemples qui apportent un peu d'espoir aux jeunes confrontés à la crise de l'emploi.
Le déroulement d'une journée à Taizé pendant cette semaine du 9 au 16 août bouleverse les habitudes des frères. Le temps de partage du matin, axé sur une phrase de méditation proposé par le prieur, frère Alois, est allongé par un témoignage sur le même thème: les jeunes ont ainsi pu méditer, tout au long de la semaine, sur la joie, puis sur la simplicité et enfin la miséricorde de Dieu. Chaque après-midi, les participants choisissent l'atelier qui les intéresse. Au-delà des questions économiques et sociales, comme celles que Jacques Defourny a présenté, d'autres après-midi plus ludiques sont possibles. Mercredi, par exemple, des comédiens venus de Roumanie ont animé une expérience scénique autour de l'expression des émotions.
"Je ne suis pas prêt d'oublier cette semaine", constate Jacques Defourny. Ce rassemblement à Taizé est aussi inoubliable pour la richesse spirituelle qu'il apporte à chaque participant. L'église de la Résurrection accueille le maximum de personnes qu'elle peut contenir, et pourtant le silence résonne pendant tous les temps de prière. "C'est à la fois une ambiance solennelle que l'on ressent, qu'une attitude décontractée de la part des frères de Taizé et des sœurs de Saint André", a constaté le professeur d'économie liégeois. L'atmosphère marquait également le triple anniversaire que vit la communauté de Taizé en cette année 2015. Le rassemblement se poursuit ce week-end avec les festivités de l'Assomption, mais surtout un temps de prière le 16 août pour commémorer les dix ans de la mort de Frère Roger.
Anne-Françoise de Beaudrap
Source photos: la page Facebook de Taizé

