Une trentaine de professeurs de religion catholique de la Communauté française avaient rendez-vous pour une journée de formation à La Louvière le 23 février dernier. Au programme, des ateliers philo-théo organisés par leur inspecteur, Richard Paulissen. Mais aussi réflexion sur leur avenir face à l'organisation du cours de citoyenneté.
Mgr Harpigny , évêque référendaire pour le cours de religion catholique, ainsi que le vicaire épiscopal de l'Enseignement, l'abbé Jacques Piton, ont également participé à cette journée. Ils y ont notamment entendu les inquiétudes des professeurs de l'enseignement officiel pour l’an prochain puisqu'en primaire, le cours de religion diminuera de moitié (1 heure au lieu de 2) au profit d’un cours d'Education à la Philosophie et à la Citoyenneté (EPC).
Pour tous les participants a la réunion, cette réforme, née à l’instigation d’une très faible minorité agissante (1 à 2%, et non 40% comme on l'entend dire), va à l’encontre des souhaits des élèves (la Fédération Wallonie Bruxelles compte environ 80% d’élèves suivant le cours de religion catholique), de bien des parents et bien sûr des enseignants. Elle va même, selon eux, "à l'inverse de pays comme la France qui s’interrogent sur l’opportunité de créer une telle formation religieuse". Les professeurs se demandent dès lors s'il n'est pas temps "que la communauté catholique se réveille et manifeste son opinion face à cette réforme?" D’autant plus qu’après s’être attaqué aux différents réseaux officiels, l’enseignement libre catholique risque fortement d’être visé. "Au nom d’une laïcité à la belge, la religion disparaîtra de l’espace public, de par la volonté de quelques-uns", pronostiquent les professeurs, qui font un constat similaire dans le monde hospitalier.
Pour en revenir à la journée de formation, les enseignants ont découvert une nouvelle approche du questionnement de leurs élèves du primaire tant de l'ordinaire que du spécialisé. Par une méthodologie appropriée, au départ du récit biblique du déluge, ils se sont interrogés sur les questions humaines que pose ce récit: justice humaine, justice divine, image de Dieu, violence… le vieux récit mythologique les a renvoyés à l’actualité: conflits armés, destruction de la planète, injustices diverses.
Michel Van Herck

