Le colloque "Familles et Société : quels choix pour demain?" s'est tenu à Paris les 1 et 2 octobre dernier. Il fut l’occasion de croiser les regards sur les familles d’aujourd’hui entre le monde politique et social, les milieux universitaires et l’Eglise catholique. 48 heures qui furent le point d’orgue de la démarche "Familles 2011" lancée par les évêques de France.
Explosion des liens familiaux, fragilités des vies affectives, montée des solitudes, difficultés rencontrés pour tous les types d’engagements, etc... L'état des lieux de la famille aujourd'hui pourrait faire peur. L'Eglise, elle, choisit malgré tout d'accueillir cette diversité tout en promotionnant ce qu’elle estime juste et bon: le mariage durable, libre et fécond entre un homme et une femme. Préparation, célébration, suivi, tant civils que religieux, seront alors l’objet de soins attentifs. "Nous ne devons pas donner à penser que l’Église ferme sa porte et juge les cœurs, a dit le cardinal Vingt-Trois, orateur au colloque. Nous devons aider chacun à poursuivre son chemin, nous appuyant sur les pas réalisés pour aider à avancer. Nous ne sommes pas des saints qui font la morale aux pécheurs."
A l’occasion de ce colloque, les résultats d'un sondage (*) sur les Français et la famille ont été présentés. Ils mettent en évidence une évolution des mentalités quelque peu surprenante: la stabilité familiale est à nouveau plébiscitée au vu de ces quelques pourcentages intéressants:
- 77% des Français souhaitent construire une seule famille en restant avec la même personne. Ils sont même 89% chez les 25-34 ans. Ce désir traverse toutes les générations, tous les milieux sociaux, dépasse les clivages politiques ou religieux (pas de différence entre les catholiques pratiquants et les autres).
- Pour expliquer l’augmentation du nombre de séparations, les Français avancent que :
- Les gens font moins d’efforts pour rester ensemble (pour 50% des Français).
- Les femmes travaillent davantage et sont plus indépendantes (pour 43% des Français – 50% pour les femmes et 35% pour les hommes).
- Il y a moins d’hypocrisie, les gens ne se forcent plus à rester ensemble (pour 36%).
- Il y a plus de difficultés matérielles (logement, chômage) (pour 33%).
- Pour remédier à cette situation, les Français comptent avant tout sur un "changement global des mentalités" (33%) ou encore d’une "aide extérieure" pour que les couples puissent discuter de leurs problèmes. L’importance d’un soutien matériel (pour le logement, pour concilier vie professionnelle et vie privée) est également citée par 25% des Français.
La famille, importante aux yeux des Français? Certes. A l'Eglise et à la société de conjuguer leurs efforts pour soutenir les diverses formes que peut prendre la famille aujourd'hui.
La Croix/CEF/SB
(*)Sondage Ipsos / Logica Business Consulting pour la Croix et la Conférence des évêques de France – Echantillon de 940 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par téléphone les 16 et 17 septembre 2011. Méthode des quotas.
