C’est devenu une tradition pour la communauté chrétienne d’Attert dans le diocèse de Namur : l’Epiphanie est devenue le jour dédié à la bénédiction des enfants.
Cette année, le temps était de la partie et les vacances de Noël touchaient à leur fin. Vers 10 h 55, l’église de Nobressart n’est pas encore remplie, mais les voitures commencent à arriver en nombre dans le village, les acolytes s’habillent dans la sacristie, les orgues donnent à entendre leur musique mélodieuse… A 11 heures, la célébration peut débuter et les paroissiens très nombreux sont au rendez-vous, une fois de plus, en ce jour de fête. Les enfants de la première des communions, les deux groupes de confirmands ainsi que leurs parents ont rejoint la célébration dominicale ; des parents des enfants baptisés en 2017, 2016 et 2015 ont aussi répondu à l’invitation de l’Etoile de Bethléem. Il faut quelque temps pour que tout ce monde trouve sa place et participe à la célébration ; l’ambiance est chaleureuse et festive, mais loin du silence monastique.
Au moment de la liturgie de la Parole, les enfants et les jeunes sont pris en charge par Marie-Claire et quelques parents. Pendant son homélie, l’abbé Ludovic Franck, après avoir lu un extrait du texte retentissant de Martin Luther King « I have a dream », invite l’assemblée à s’interroger à propos du racisme, à propos de l’accueil concret et non avec des mots de la différence. Alors que le Christ, dès sa naissance, a fait l’expérience de l’altérité dans la personne des mages, où en sommes-nous dans notre vie quotidienne et dans la vie de notre communauté chrétienne ? Quel regard et quel jugement portons-nous sur les migrants accueillis chez nous ? Les racines du racisme se trouvent très souvent en nous et dans nos relations sociales… La fête de l’Epiphanie vient nous redire chaque année que l’universalité du salut offert en Jésus-Christ est ouverte à toutes et à tous, quelles que soient la culture, la couleur de peau ou la situation sociale.
La bénédiction spéciale des enfants, dans le chœur de l’église quasiment trop petit, est un moment empreint d’émotion pour les enfants, les jeunes et leurs parents, ainsi que pour l’assemblée présente.
A la fin de l’eucharistie, tout le monde est invité à partager le gâteau des Rois et le verre de l’amitié dans la joie et la convivialité. L'Epiphanie n’est pas une fin en soi, mais un port d’attache pour toute la vie de la Communauté chrétienne d’Attert. Le temps de l’Avent et de Noël a donné à chacune et chacun l’occasion d’être solidaire avec les personnes précarisées de chez nous en lien avec les bénévoles de la Maison Croix-Rouge Attert-Martelange-Fauvillers, mais aussi avec l’Action Vivre Ensemble ; l’accueil de l’autre en acte et en vérité ne fait-il pas aussi partie du « rêve de Martin Luther King » : à méditer…
Abbé Philippe Lejeune
© Photo: diocèse de Namur


