Malgré un emploi du temps plus que rempli, l’humoriste trouve le temps de se mobiliser pour une cause qui lui tient à cœur: l’hôpital de Belo-sur-Tsiribihina. Quelques années après en avoir posé la première pierre, le chroniqueur du "Café serré" continue d’agir pour récolter des fonds. Rencontre.
Très friand des jeux de mots, y compris dans les noms de ses spectacles, Bruno Coppens est présent en de multiples lieux : en radio (La Première) toutes les semaines, sur scène en Belgique, mais aussi au Québec, en France, Suisse… et même à Madagascar. Le lien entre l’humoriste et l’île de l’Océan indien tient avant tout à son histoire personnelle. Il s’en explique à l’occasion d’un spectacle intitulé "La vie est un destin animé" joué au profit de Louvain Coopération.
Comment avez-vous découvert Madagascar?
Quand j’ai voulu adopter avec la mère de mes enfants, je ne connaissais pas du tout le pays, je pouvais à peine le situer sur une carte du monde… J’ai été sur place et j’ai d’abord découvert un pays d’une beauté incroyable avec des gens formidablement accueillants. L’aspect chaleureux vient peut-être du fait que c’est une île qui est traversée par des gens venus d’Asie, d’Afrique. Evidemment, la première fois que j’y allais, c’était pour aller chercher Valentin. C’était une découverte plus affective que touristique. J’y suis retourné plus tard avec lui et avec ses deux sœurs qui sont nées en Belgique pour qu’il voie son pays. Alors, j’ai commencé à mieux connaître la région. Ensuite, avec Louvain Coopération, j’ai visité l’ouest, la région de Belo, pour découvrir la réalité du terrain.
Comment décririez-vous ce pays?
Un élément essentiel à savoir est que cette île est plus grande que la France. Il ne faut pas croire que vous pouvez faire le tour de Madagascar en une seule fois. D’un côté, il y a les îles Sainte-Marie, par exemple, où on peut aller voir les baleines. Mais aussi profiter des plages avec des cocotiers. De l’autre côté, on trouve des baobabs. A l’ouest, ce sont des zones plus arides et puis aussi les montagnes. Il y a moyen de faire beaucoup de sports !
C’est donc un pays magnifique. On peut manger de tout : des fruits de chez nous et des fruits de là-bas. Voilà pour le côté touristique. Après, il y a la découverte du pays avec les gens mais ça c’est une autre dimension et on n’a pas toujours le temps d’en faire l’expérience sur place.
Par votre métier, vous êtes amené à beaucoup voyager...
Oui, mais dans ma vie, je n’ai jamais séparé le boulot du privé et de l’affectif. Ainsi quand je joue au Québec, je m’arrange pour y aller pendant les vacances de Pâques ou de Toussaint pour que mes enfants viennent avec moi. Quand je vais à Avignon en été, ils viennent avec moi. Donc, j’essaie toujours d’allier les deux aspects. J’adore jouer et parfois, je vois certaines personnes en dehors du spectacle mais c’est rare. D’ailleurs, c’est un peu frustrant d’entendre les rires du public pendant une heure et demie mais de ne plus parler à personne après le spectacle. C’est un peu comme si on vous invitait à un souper et qu’une fois arrivé au plat principal, vous restez tout seul. Ça ne va pas! J’ai besoin d’avoir ces relations-là autour de moi parce que c’est ce qui me nourrit pour écrire d’autres choses.
Incarnez-vous sur scène les personnes que vous rencontrez ?
Non. Pour créer mes spectacles et mes personnages, je préfère partir de ce que j’entends à la radio, de ce que je vois à la télé ou dans les journaux, c’est-à-dire les travers de l’époque, la difficulté des gens d’être dans leur époque, d’être bien dans leur peau. J’ai tellement d’empathie pour la vie en général que je ne suis pas quelqu’un qui puiserait dans le vivier autour de lui en se disant, tiens, celui-là, je vais le caricaturer, il va se retrouver sur scène demain. Par contre, tous ceux qui représentent l’autorité apparaissent dans mes spectacles: les politiques, le pape, les rois, les dieux, etc. C’est mon devoir de bouffon du roi, en tant qu’humoriste, d’avoir une parole sur ceux qui nous représentent et qui croient savoir mieux ce qu’il faut faire dans la vie.
Vous évoquez le pape… Quel est son rôle dans la société actuelle?
Le pape François m’étonne. J’avoue être très friand d’entendre ce qu’il dit. Je trouve qu’il a une parole beaucoup plus humble et terre-à-terre que les précédents. Il a renoncé à habiter dans l’appartement pontifical (Ndlr: le pape loge toujours dans la résidence Sainte-Marthe; ndlr), il va voir des gens en toute discrétion… Il me semble qu’il se met à la portée des gens. Habituellement, le pape apparaît entouré de dorures. Peut-être sa simplicité vient elle de sa vie en Amérique du Sud avec beaucoup de gens qui n’avaient rien. Je le crois capable d’enlever sa soutane et de se déplacer en jean et en chemise pour certaines visites! Je l’apprécie énormément. Je trouve qu’il a quelque chose de juste par rapport à l’Evangile et aux Paroles. Et donc, dans mon spectacle, j’imagine le pape qui s’adresserait aux Belges pour faire en sorte que les Flamands et les Wallons restent ensemble. Le discours papal est en français et en latin. Et pour tous les mots en latin, ce sont des références latines de publicités, des termes qu’on connaît tous. Je ne me moque pas du pape; j’utilise sa personnalité… S’il a réussi à réunir les Cubains et les Américains, je me dis qu’il est capable de réunir les Wallons et les Flamands. Je suis plutôt optimiste.
Propos recueillis par Anne-Françoise de BEAUDRAP
© Louvain Coopération

Malgré un emploi du temps plus que rempli, l’humoriste trouve le temps de se mobiliser pour une cause qui lui tient à cœur: l’hôpital de Belo-sur-Tsiribihina. Quelques années après en avoir posé la première pierre, le chroniqueur du "Café serré" continue d’agir pour récolter des fonds. Rencontre.
