RD Congo: le cardinal De Kesel demande une médiation internationale


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RD Congo: le cardinal De Kesel demande une médiation internationale
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Face à la situation politique tendue en République Démocratique du Congo (RDC), l'archevêque de Malines-Bruxelles, le cardinal Jozef De Kesel appelle la communauté internationale à exprimer son soutien pour la justice dans ce pays.

La crise politique s'enlise en RDC. Certains redoutent le mois de décembre, qui devait en principe voir se tenir les élections présidentielles, tel que convenu lors des accords du 31 décembre 2016, dit "de la Saint-Sylvestre". Des accords conclus grâce à la tenacité des évêques congolais. Mais la mise en application de ceux-ci est au point mort. Du coup, beaucoup craignent des manifestations fdans les grandes villes du pays à l'approche de la date envisagée des élections, soit le 19 décembre 2017.

Car, on le sait, les élections n'auront pas lieu. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait pourtant annoncé, il y a quelques mois, que l'enrôlement des électeurs se déroulait normalement. Depuis, son président, Corneille Nangaa a, depuis lors, multiplié les annonces, allant même jusqu'à laisser entendre que l'élection à la présidence pourrait avoir lieu en… 2019! Avant de se raviser et d'annoncer comme date du scrutin, le 23 décembre 2018.

Compte tenu de cette très forte tension politique en République Démocratique du Congo, le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles a publié un communiqué ce mercredi 29 novembre à propos de la crise politique en RDC. Il rappelle d'abord l’accord conclu entre la majorité et l’opposition au terme d’une médiation de l’Eglise catholique, soulignant que, dans un communiqué publié en début de semaine, les évêques congolais critiquent une nouvelle fois la situation politique actuelle. "Ils la décrivent sans plus comme l’imbroglio politique et la souffrance de la population qui dépassent le seuil du tolérable", écrit le cardinal.

Solidarité en faveur de la justice et de la paix

Se disant fort préoccupé, l'archvêque de Malines-Bruxelles souligne que la situation très tendue au Congo, est "la cause entre autres de nombreux morts, de la destruction d’écoles et de centres de santé, d’une nouvelle vague de réfugiés obligés, et plus généralement de la violation des libertés et droits fondamentaux".

Dans une lettre récemment adressée à son confrère Mgr Marcel Utembi (photo), archevêque de Kisangani et président de la Conférence épiscopale nationale congolaise (CENCO), le cardinal De Kesel a exprimé au nom de ses collègues belges toute son admiration pour l’engagement énorme des évêques congolais en faveur de leur pays et de leur Eglise. "Ils font tout pour sortir de l’impasse au point d’encourir personnellement de très grands risques". En conclusion de son message, le cardinal appelle notre pays, l’Union européenne et toute la communauté internationale "à exprimer son soutien et sa solidarité en faveur de la justice et de la paix au Congo".

Rappelons que le 27 novembre, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont appelé, le président Joseph Kabila à déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018, invitant par ailleurs l'Assemblée nationale a rejeté toute éventuelle tentative de réviser la Constitution pendant la période préélectorale et électorale. Elle a rappelé que l’accord du 31 décembre 2016 demeurait l’unique feuille de route consensuelle pour sortir de la crise politique.

Par ailleurs, le 22 novembre, les treize pays africains signataires de l’Accord-cadre du 24 février 2013 pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, ont demandé au gouvernement congolais de doter la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de moyens financiers et logistiques nécessaires pour lui permettre de respecter le calendrier électoral. Ils ont lancé cet appel, à l’issue d’une réunion organisée mercredi à Addis-Abeba, en Ethiopie. Dans un communiqué officiel, ils appellent également les autorités congolaises à respecter la liberté de réunion pacifique ainsi que l’accès équitable aux médias publics, souhaitant que le gouvernement de Kinshasa "applique pleinement et efficacement les mesures de renforcement de la confiance prévues dans l’Accord du 31 décembre 2016".

J.J.D.

Lire le communiqué de presse de l’archevêché de Malines-Bruxelles


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