Du 26 au 30 novembre prochain, le pape François se rendra en Birmanie, un pays qui compte officiellement 135 ethnies. Pays très majoritairement bouddhiste (80 %) les catholiques représentent un peu plus d’1% de la population. L'Eglise catholique tente néanmoins de favoriser l’unité entre les ethnies.
Inaugurée au 16e siècle, l’évangélisation de l’actuelle Birmanie s’est faite essentiellement depuis les régions maritimes et les frontières du Siam (actuelle Thaïlande), relève un article de l'agence "Eglises d'Asie". Progressivement, les missionnaires se sont rendus dans les territoires des différentes ethnies. Ainsi, à partir de la seconde moitié du 19e siècle, les prêtres des Missions Etrangères de Paris (MEP) se sont rendus dans les zones où même le bouddhisme n’avait pas pénétré. Notamment chez les Karens et les Kachins.
Ainsi, lorsque les deux premiers évêques du pays sont ordonnés en 1954 – les premiers prêtres l’ont été en 1783 – ils appartiennent à deux ethnies différentes: l’un est Birman, l’autre est Karen. Depuis, tous les évêques du pays – actuellement 22 – sont nommés sans considération ethnique.
Dialogue avec les interlocuteurs politiques
De même, lorsque les missionnaires catholiques ont été expulsés du pays lorsque la junte militaire a pris le pouvoir en 1966, ils ont été remplacés au sein des communautés par des prêtres birmans de toutes ethnies. Cela a permis à l'Eglise de se développer malgré les spoliations: de 300.000, les fidèles sont passés à 750.000, les prêtres de 150 à 750 et les religieuses de 400 à 1.600. Le nombre des diocèses a doublé.
Aujourd’hui, alors que le situation politique de la Birmanie est incertaine - avec un pouvoir civil, mais une influence prépondérante de l’armée -, l’Eglise continue de parler avec tous les interlocuteurs. Si Aung San Suu Kyi est soutenue, tant par les évêques que par le Vatican où elle a été reçue en mars dernier, avant l'établissement de liens diplomatiques, la junte militaire est aussi prise en compte. Ainsi, à la demande des évêques du pays, le pape François rencontrera en privé le chef des armées le 30 novembre.
L'Eglise catholique veut également faire le lien entre les différentes composantes du pays. Le cardinal Bo, archevêque de Rangoon, a reconnu publiquement les souffrances "immenses" des musulmans rohingyas. Il a cependant accédé au désir de la population majoritairement bouddhiste, de l'armée et du gouvernement, de ne pas employer ce terme de ‘Rohingyas’ (terme bengali pour désigner l'ensemble des habitants de cet Etat), qui ne sont pas tous musulmans. Cette requête a été acceptée par le pape François.
Source: cath.ch/imedia/xln/bh
Photo: le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoon. (c) Radio Vatican

Du 26 au 30 novembre prochain, le pape François se rendra en Birmanie, un pays qui compte officiellement 135 ethnies. Pays très majoritairement bouddhiste (80 %) les catholiques représentent un peu plus d’1% de la population. L'Eglise catholique tente néanmoins de favoriser l’unité entre les ethnies.