Lors de la signature de la déclaration d'intention pour l'ouverture de "couloirs humanitaires", qui permettront d'accueillir 150 réfugiés syriens, le cardinal Jozef De Kesel a tenu à remercier tous ceux qui ont œuvré en faveur de ce projet.
Dans son allocution, le président de la Conférence épiscopale s'est réjoui que, grâce à la collaboration entre les cultes, le sectéariat d'Etat à l'Asile et à la Migration et la Communauté Sant'Egidio, 150 réfugiés syriens pourront être accueillis dans les prochains mois, légalement et en toute sécurité dans notre pays. "Comme chrétiens – mais encore plus comme croyants, car je ne m’exprime pas ici seulement en tant que Président de la Conférence des évêques catholiques mais aussi, à leur suggestion, au nom des autres cultes reconnus en Belgique – nous ne pouvons rester indifférents au drame qui se déroule en Syrie et dans tout le Moyen-Orient", a dit l'archevêque de Malines-Bruxelles. Pour lui, cette tragédie de la guerre détruit des civilisations multiséculaires et force des millions de personnes toutes simples dont la vie est mise lourdement à l’épreuve, à prendre le chemin de l’exil. "Lorsqu’en 2015 accompagné d’une délégation d’évêques, j’ai rendu visite à des camps de réfugiés, j’ai pu constater de mes propres yeux la détresse et la situation sans issue mais en même temps le courage et la foi en un avenir meilleur de tant de femmes, hommes et enfants". Et d'ajouter que notre génération risque "d’être témoin de la disparition totale du christianisme dans ces régions où il est présent depuis le tout début de l’annonce de l’Evangile".
"On peut toujours faire mieux"
Pour le cardinal De Kesel, notre solidarité ne peut bien sûr pas se limiter au sort des minorités chrétiennes du Moyen-Orient. "Nous savons combien d’autres minorités, comme les Yezidi, mais aussi de nombreuses familles musulmanes souffrent de la guerre". D'où ce projet d’un "couloir humanitaire" qui veut mettre sur pied un pont aérien et assurer un lieu d’accueil pour 150 réfugiés syriens très démunis. "Leur fragilité et la situation sans issue dans laquelle ils se trouvent au Liban ou en Turquie, sont les critères en fonction desquels ils sont invités dans notre pays afin de pouvoir y construire un nouvel avenir", a-t-il poursuivi.
"Les évêques belges sont disposés à assumer leur entière responsabilité afin de faire réussir ce projet", a tenu à préciser Jozef De Kesel, en rappelant qu'en 2015, le pape François a demandé aux paroisses et communautés d’Europe d’accueillir des réfugiés, ce qui a été fait en de nombreux endroits. "Mais on peut toujours faire mieux", a ajouté le primat de Belgique, tout en remerciant à l'avance toutes les paroisses, les communautés et les fidèles qui veulent faire une place dans leur vie pour ces personnes et ces familles qui viendront dans le cadre du projet. "Je remercie également Caritas international qui est disposé à aider nos diocèses avec son expertise et son organisation".
En conclusion, le président de la Conférence épiscopale a dit se réjouir que le projet ait pris la forme d'une collaboration interreligieuse totalement inédite, avec la collaboration des églises protestantes, évangéliques, orthodoxes et aussi syro-orthodoxes de notre pays, ainsi que celle du Consistoire Central Israélite et l’Exécutif des Musulmans de Belgique. Le cardinal a également remercier le secrétaire d'Etat Théo Francken et la Communauté de Sant’ Egidio, en soulignant le rôle enthousiaste qu'a joué feu Mgr Léon Lemmens, évêque auxiliaire de l’archidiocèse, en vue de donner corps à ce projet de couloirs humanitaires dans notre pays.
J.J.D./cp
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