Dans son édition du 25 septembre, L’Osservatore Romano accorde une large place au document "Au service du bien commun" , publié conjointement par le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique, le CRAS et Justice et Paix France. Donnant de larges extraits de ce texte, publié en vue du futur G20 qui se déroulera à Cannes les 3 et 5 novembre, le quotidien édité par le Saint-Siège y voit une suite concrète à l’encyclique Caritas in veritate de Benoît XVI.
Présenté le 15 septembre 2011 par Denis Vienot (Secrétaire général de Justice et Paix - France), Guy Aurenche (Président du CCFD-Terre Solidaire), François Soulage (Président du Secours Catholique - Caritas France) et le P. Bertrand Hériard Dubreuil, s.j., (Directeur du Ceras), « Au service du bien commun » s'inscrit dans la suite de « Chemins de fraternité », document pédagogique sur Caritas in Veritate (2009), l' encyclique du pape Benoît XVI. A l'approche du G20 de Cannes présidé par la France, ces mouvements appellent les chrétiens à s'informer et se mobiliser contre les paradis fiscaux, « au nom de leur foi », pour plus de justice fiscale. C'est la doctrine sociale de l'Eglise qui motive leur démarche commune en raison de leur engagement dans la justice sociale, la solidarité et le développement.
"Que les chrétiens s'intéressent au paradis ne surprendra personne... mais les paradis fiscaux !" relève avec humour le site de l'Eglise de France. Impôt inexistant ou insignifiant, absence de transparence, législation qui protège les contribuables font partie des caractéristiques des 12 paradis fiscaux listés par l'OCDE.
« En organisant le contournement de nos lois, les paradis fiscaux défient nos démocraties » explique le livret. L'enjeu est bien citoyen. A ceux qui voudraient cantonner la foi chrétienne dans la sphère privée, le P. Bertrand Hériard Dubreuil, s.j., Directeur du Ceras, rappelle trois bonnes raisons pour les croyants de s'engager dans ce débat : le bien commun, l'option préférentielle pour les pauvres et « la destination universelle des biens ». Ainsi, payer ses impôts relève d'une responsabilité éthique qui nécessite l'implication de tous. « Instrument au service de la solidarité », l'impôt contribue à « la construction du lien social et de la démocratie » explicite la plaquette. En ne bénéficiant qu'à certains, les paradis fiscaux viennent contredire la conviction que « Dieu a destiné la terre (...) à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples » (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 69). Le jésuite cite aussi l'encyclique de Paul VI Populorum Progressio qui appelle à « permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin ».
On se souvient de l'appel du pape Jean-Paul II pour l'annulation de la dette lors du passage au nouveau millénaire. Pour Denis Vienot, Secrétaire général de Justice et Paix - France, l'enjeu est comparable. En effet, le FMI évalue entre 600 et 1800 milliards de dollars - du simple au triple ! - l'argent généré par les activités illégales qui prospèrent grâce aux paradis fiscaux : trafic d'armes et d'organes, marché de la contrefaçon, pillage organisé du bois... Il fait sienne la révolte d'une certaine juge franco-norvégienne il y a quelques années : « Il n'est pas acceptable que l'addition de la corruption soit payée par les pauvres ».
Tirée à 55.000 exemplaires, la brochure de 13 pages - téléchargeable depuis les sites des quatre partenaires - veut informer puis renvoyer chacun à ses pratiques au quotidien.
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Photo : La Croix. "Des militants du CCFD-Terre Solidaire participent à un "haka", la danse traditionnelle des guerriers maoris, le 23 juin 2011 à Paris, pour dénoncer les dérèglements de la finance internationale qui minent les agricultures des pays du Sud".
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