
(c) Diocèse de Tournai
Depuis 1998, dans le diocèse de Tournai, des enseignants actifs dans la pastorale scolaire du fondamental se retrouvent chaque année à l'approche de la rentrée. 2017 marque le vingtième anniversaire de ces rencontres.
Ce mardi 29 août, à l'institut du Sacré Coeur de Mons, a donc lieu la journée des Groupes Pêche, initiée par André Carlier quand il était inspecteur diocésain du cours de religion. Traditionnellement, la journée débute par la présentation du « Fil Rouge », l'outil annuel proposé aux enseignants. Il y a toujours un partenaire musical et la matinée se clôture avec une conférence. L'après-midi est consacrée aux ateliers. La journée se termine par une célébration d'envoi de l'année scolaire, présidée par Mgr Harpigny, avec la remise d'un « objet-souvenir » (crucifix, cloche, lampe à huile). Pour marquer ce vingtième anniversaire, la journée sera moins « studieuse » et plus festive avec un concert à la collégiale Sainte-Waudru à Mons... et un flash mob!

Depuis sept ans, c'est André Ronflette, animateur en pastorale, qui est à la manœuvre. Il explique que le but de la journée est de se rencontrer et de relancer la pastorale pour l'année scolaire qui vient. "Et la pastorale scolaire, qui fait partie des missions de l'école chrétienne, ce n'est pas uniquement le cours de religion : notre proposition, c'est de colorer l'école au quotidien"
Le nom des Groupes Pêche a été choisi en référence à la phrase de Jésus : "Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes" (Mc 1,16-20). En 1998, la première journée avait réuni 150 enseignants ; il y en avait plus de mille en 2007. Ensuite, les organisateurs ont choisi de limiter le nombre à deux par école. Aujourd’hui, près de 400 personnes sont impliquées dans le projet.
C'est quoi la pastorale scolaire?
Peu d'entre nous savent exactement ce qu'est la pastorale scolaire. Pour éclairer ce sujet, nous avons rencontré Anne-Catherine Marichal, conseillère pédagogique au SEDESS (service diocésain de l’enseignement secondaire et supérieur pour le diocèse de Liège) dont la mission est de proposer ressources et pistes d'animation pour mettre en oeuvre la pastorale.
La pastorale scolaire, c'est tout un défi. Tout d’abord dans sa définition. La pastorale scolaire n’est ni un cours, ni une catéchèse, mais « un souffle »… Anne-Catherine Marichal, historienne, ancien professeur de religion, maman catéchiste, s'essaie à l'exercice : « La pastorale scolaire, c’est témoigner de nos convictions dans le respect des convictions d’autrui. C’est adopter une attitude porteuse de la Bonne Nouvelle, du message du Christ à travers nos gestes et actes quotidiens, faire vivre l’Evangile en dehors du seul cours de religion. » Défi aussi dans sa réalisation car « pas de directives, ni de programme, juste des propositions. » nous explique Anne-Catherine.
Mais que fait-on en pastorale scolaire ?
Chaque école organise librement les projets et activités de la pastorale scolaire. Généralement, quelques professeurs volontaires (ce n’est pas réservé qu’aux seuls professeurs de religion) prennent en charge son organisation. La pastorale est d’autant plus vivante que l’équipe est dynamique. Elle doit avant tout susciter des temps et des lieux de réflexion. Les célébrations liturgiques, les retraites et actions solidaires peuvent faire partie de la pastorale scolaire. Anne-Catherine Marichal insiste alors sur un point : « Il faut toujours rappeler pourquoi nous sommes solidaires. Parce qu’il y a le message du Christ. Il n’est bien sûr pas question de faire de l’identitaire mais de parler de notre spécificité chrétienne, du parler chrétien, qui se traduit par une vision de l’homme libre pour lequel Dieu a un projet. »
Les activités mises en œuvre dans le cadre de la pastorale scolaire suivent généralement le calendrier liturgique mais pas toujours. « Il est parfois difficile de coller aux fêtes chrétiennes en raison de l’agenda scolaire… et c’est peut-être mieux ainsi. Se détacher du calendrier liturgique permet d’innover. Par exemple, de proposer des temps de souffle juste avant la période des examens. Les fêtes chrétiennes devraient être des points de départ pour aller plus loin dans la réflexion, dans la quête de sens, dans la découverte du visage du Christ. »

Affiche 2017-2018 réalisée par la Commission interdiocésaine de pastorale scolaire
Faire école de manière chrétienne
La pastorale scolaire est une proposition de l’école aux élèves, une véritable valeur ajoutée, "c'est le sel d'une école"pour reprendre les mots d’Anne-Catherine. « A travers la pastorale scolaire, nous essayons de toucher les cœurs. Mais aussi d’offrir aux élèves des moments d’intériorité. Le plus important est alors de créer les conditions. Ce n’est pas évident de parvenir au silence avec 800 élèves dans une même pièce. Et pourtant, c’est possible. »
Pour Anne-Catherine, le véritable enjeu n'est plus de faire des écoles chrétiennes mais de faire école de manière chrétienne : « Si les professeurs participant à la pastorale scolaire n’écrivent pas des messages d’espérance dans les bulletins, il y a un problème. Il est vrai aussi que l’investissement dans la pastorale scolaire exige une connaissance approfondie de l’Evangile pour pouvoir en sortir de la nouveauté, interpeller le quotidien, nourrir la réflexion … ».
Elle conclut notre entretien sur ces mots : « Je salue le travail des équipes de pastorale, parfois maladroit, souvent délicat, mais ils témoignent qu’il y a encore quelque chose qui vit et en cela c’est merveilleux ».
Sophie Delhalle

