17 septembre, fête de saint Lambert


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17 septembre, fête de saint Lambert
Assassinat de saint Lambert
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Assassinat de saint Lambert

L'attentat du 17 septembre sur la personne de l'évêque Lambert marque un tournant décisif dans la destinée de ce qui n'est alors qu'un village, Liège. D'abord enseveli à Maastricht, le corps de Lambert est ramené en grande pompe vers 715 à Liège, à l'initiative de son successeur, le futur saint Hubert. C'est le début d'un développement extraordinaire pour la future cité ardente.

Qui était saint Lambert?
Saint Lambert est issu d'une famille aristocratique installée à Maastricht. Élève de l'évêque Théodard, assassiné en 670, Lambert lui succède. En ce début de Moyen Âge, les assassinats sont fréquents; l'évêque Lambert sera lui-même assassiné le 17 septembre d'une année qui n'est pas connue précisément, mais qui se situe aux alentours des années 700. En réalité, l'évêque fut victime d'une "vendetta", organisée par un certain Dodon, dans un village, isolé et mal protégé, appelé Liège. En défendant les biens de l'Église de Tongres-Maastricht, des parents de Lambert avaient tué des parents de Dodon. Le sang appelant le sang, Dodon assassina Lambert.

La mort violente d'un évêque constitue un événement tragique majeur qui frappe l'opinion et entraine souvent l'éclosion du culte du saint martyr. Pendant tout l'Ancien Régime, dans la principauté épiscopale de Liège, Lambert est devenu LA référence hagiographique. Plus de 800 endroits de culte sont recensés, de la dédicace d'églises à l'iconographie en passant par les mentions liturgiques multiples. Autour du corps ramené à Liège, la foule révère tout ce qui a appartenu à Lambert. Les miracles se multiplient. L'endroit sacré devient pèlerinage. La fortune, l'expansion, la renommée de Liège sont assurées.

Un contexte porteur
Aux alentours de l'an 700, s'impose une nouvelle conception de la sainteté. En renonçant au paganisme, l'aristocratie avait perdu le prestige qu'elle pouvait jadis retirer de ses origines tenues pour divines. Elle compensera ce déficit grâce à la sainteté de l'un ou l'autre de ses membres. Désormais, le saint n'est plus un homme retranché du monde, mais il appartient à la noblesse. En tant que noble, il vit dans le siècle et exerce des activités à la fois religieuses et politiques. Saint Lambert incarne, incontestablement, ce type hagiographique nouveau.
Sa vie s'inscrit dans une période appelée par les historiens le "siècle des saints"; période qui s'étend de la première moitié du VIIe siècle à la première moitié du siècle suivant. Dans la région mosane, se développe alors une intense activité d'évangélisation et d'éradication du paganisme. Les évêques y prennent largement part. Le monachisme jouit d'un essor considérable. La région est parcourue notamment par des missionnaires étrangers, comme l'Irlandais saint Feuillen ou l'Aquitain saint Remacle. Ils y fondent de petits monastères qui deviendront d'imposantes abbayes.

De la première cathédrale à l'Archéoforum
Pour promouvoir le culte du saint évêque assassiné et accueillir ses reliques, son successeur, Hubert, fait édifier, vers 714, sur le lieu du martyre, une basilique. Vers l'an 800, Liège devient le siège du diocèse Tongres-Maastricht. Cet événement capital pour la nouvelle cité engendre une modification importante du site. L'église martyriale fait place à la première cathédrale qui perdurera jusqu'aux alentours de l'an mille. Les cathédrales successives conserveront les stigmates de cette histoire complexe. En effet, il semble qu'il existait une église à deux chœurs. Le chœur occidental, celui du martyre, est consacré à saint Lambert et ne sera jamais déplacé. Son opposé, dédié à sainte Marie, siège de la cathèdre, sera, au fil des agrandissements de l'église, toujours déporté vers l'est.

Aujourd'hui, c'est en vous rendant à l'Archéoforum que vous pourrez voir, ou du moins imaginer, ces multiples transformations. Ce lieu d'exposition permet notamment de visiter les fondations des églises successives dans une scénographie intéressante rendant la lecture et la compréhension du site accessibles au plus grand nombre.
Au sein de l'Archéoforum, il ne reste malheureusement pas grand-chose, comme témoignages matériels, de l'époque de saint Lambert. L'imposante cathédrale construite par Notger vers l'an mille a largement contribué à leur destruction. Toutefois, un élément spectaculaire du complexe baptismal a été prélevé et conservé; il est en attente d'être exposé à l'Archéoforum.

Depuis des siècles, Lambert est un saint intrinsèque au Pays de Liège. Notamment grâce à lui, une petite bourgade est devenue une métropole. Le 17 septembre, Liège fête son saint fondateur avec toute l'ardeur qu'on lui connaît.

D'après la brochure "Lambert, l'évêque assassiné"/SB

Catégorie : Belgique

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