Le moine copte Aghabious, responsable de l’Eglise copte-orthodoxe en Belgique, vient de rencontrer à Rome, son patriarche Tawadros II . Celui-ci lui a fait le compte-rendu de la visite pastorale du pape François en Égypte. "‘Baba Tawadros’ était très content", dit Aghabiou.
A part les quelques huit millions de chrétiens coptes en Egypte, il y a près d’un million de Coptes qui vivent en dehors de leurs terres originales, dont un grand nombre en France. En Belgique, l’Eglise copte orthodoxe dispose de deux pasteurs: le moine Aghabious à Leuven et le jeune Musa à Anvers ; ce dernier était diacre à Leuven et vient de revevoir l’ordination sacerdotale. Les quelques familles appartenant à la petite communauté copte-catholique - uniée avec Rome depuis le XVIIe siècle - assistent également aux offices orthodoxes.
D’après "abouna Aghabious" – qui est à Leuven depuis 2009 - sa communauté compte quelque deux centaines de familles ; dont une petite moitié fréquente l’église à Anvers. Les fidèles viennent souvent de loin, non seulement de Belgique mais aussi du Nord de la France ou des Pays-Bas. La liturgie à Leuven est en copte - le grec tel qu’on le parle depuis des millénaires en Egypte - et en français ; à Anvers, le pasteur parle copte et néerlandais. Mais entre eux, ces chrétiens d’Orient parlent généralement l’arabe.
Une visite papale réconfortante
Aghabious était déjà ingénieur quand il est rentré dans un monastère au bord de la Mer Rouge. C’est là que le "pape" copte précédent, Shenouda III, l’a ordonné prêtre avant de l’envoyer pour deux ans à Mexico City et plus tard en Belgique. Aghabious vient de rencontrer son nouveau patriarche, à Rome, où le "Baba" – titre donné au patriarche en Afrique - a raconté à ses évêques et prêtres d'Europe, le voyage de "son ami François" en Egypte. Tawadros II - 118e primat sur le siège de saint Marc - devait sans doute aussi calmer un peu ses troupes, car quelques métropolites coptes n’avaient pas apprécié sa déclaration commune avec François sur le baptême. "C’est le pape qui décide", souligne Aghabious par rapport à cette discussion.
"La visite de François nous a réconfortés, car nous avons peur", précise Aghabious quand on lui parle des attentats en Egypte. "Nous sommes ciblés, là-bas… et peut-être aussi ici." Cela n’empêche pas sa communauté de rester extrêmement fidèle dans la dévotion chrétienne. Chaque mercredi après-midi et dimanche-matin, Aghabious célèbre l’eucharistie dans l’ancienne église des Pères montfortains près de la gare louvaniste, toujours pour plusieurs dizaines de fidèles, dont nombreux adolescents. "Je rêve de pouvoir apprendre à certains d’entre eux ce qu’est la vie monastique", conclut-il.
Benoit Lannoo


